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DIMANCHE 25 OCTOBRE 2026N° 146
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Bien-vivre·Article 3 sur 4

Baisse du prix du gazole au 1er novembre : l'État oblige les stations à vous indiquer de combien le litre baisse avant votre plein

Un décret du 23 octobre impose aux stations-service d'afficher explicitement la baisse du prix du gazole au 1er novembre — non par geste commercial, mais par obligation réglementaire. Ce que la mesure change, et ce qu'elle ne change pas.

DIMANCHE 25 OCTOBRE 2026·Par Fabrice Crozier

Une pompe à gazole vue en contre-plongée légère, l'affichage numérique du prix flou en arrière-plan, la lumière rasante de fin d'après-midi faisant luire le métal gris de la buse sur fond de béton ocre.
Illustration générée par notre rédaction.

Il aura fallu attendre le 23 octobre pour qu'un décret donne corps à une promesse faite dès le 7 du même mois. À partir du 1er novembre, le prix du gazole à la pompe doit baisser — et les stations-service ont désormais l'obligation d'afficher combien. Pas une suggestion, pas une bonne pratique commerciale : une contrainte réglementaire. C'est la différence entre une annonce et un texte.

Ce que le décret impose, concrètement

La mesure porte sur la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques — la TICPE, ce prélèvement fiscal qui représente une part considérable du prix final du carburant. Le décret du 23 octobre aménage temporairement son assiette sur le gazole, ce qui se traduit mécaniquement par une réduction du prix hors taxes répercutée à la pompe.

Mais la baisse ne sera pas uniforme. Elle dépend de la marge que chaque distributeur décide de conserver, de la date à laquelle il a constitué ses stocks, du prix auquel il les a achetés. Deux stations distantes de cinq kilomètres peuvent afficher des écarts réels. C'est précisément pour cette raison que le texte ne se contente pas d'annoncer une baisse : il oblige les exploitants à indiquer, de manière visible avant le passage en caisse, de combien le litre a effectivement diminué par rapport au tarif pratiqué la veille.

L'affichage doit être explicite, lisible, et positionné à proximité de la pompe ou à l'entrée de la station. Ce n'est pas anodin : cela permet à chacun de comparer, de vérifier, et le cas échéant de choisir une autre enseigne. La transparence ici n'est pas un argument marketing — c'est un outil de contrôle mis entre les mains du consommateur.

Au-delà de la voiture

Le décret ne limite pas son champ d'application aux automobilistes. Le gazole non routier — celui qu'utilisent les agriculteurs, les artisans du bâtiment, les propriétaires de bateaux de plaisance ou de chaudières fioul — entre également dans le périmètre de la mesure. Les modalités d'affichage diffèrent selon les circuits de distribution, mais le principe reste le même : la baisse doit être visible et documentée.

Pour les propriétaires d'une résidence chauffée au fioul domestique, la situation mérite attention. Le fioul et le gazole non routier partagent une base fiscale commune, et les livraisons à domicile obéissent à des logiques de prix différentes — contrats annuels, achats groupés, tarifs négociés par des coopératives. Il est raisonnable, dans ce contexte, de vérifier auprès de son fournisseur si la baisse de taxe se répercute effectivement sur le prochain bon de commande.

Une baisse réelle, mais relative

Mettons les choses en perspective. Le prix du gazole en France a connu des variations considérables ces dernières années — de moins d'un euro le litre avant 2021 à des pics dépassant deux euros en 2022, sous l'effet conjugué de la guerre en Ukraine, des tensions sur les approvisionnements et d'une inflation généralisée. Les remises à la pompe mises en place à cette époque — d'abord par TotalEnergies, puis sous forme de ristourne gouvernementale — avaient représenté jusqu'à vingt centimes par litre.

La baisse annoncée pour novembre est plus modeste. Sans que le décret fixe un montant unique — puisque la répercussion reste à la discrétion des distributeurs dans les limites du texte —, les estimations évoquées dans les jours précédant la publication tournaient autour de quelques centimes. C'est peu sur un plein, c'est davantage sur une année pour quelqu'un qui roule régulièrement.

Ce qui compte peut-être autant que le montant, c'est le mécanisme. Obliger les stations à afficher la baisse, c'est reconnaître implicitement que sans cette contrainte, elle ne serait pas toujours visible — voire pas toujours répercutée. La DGCCRF, direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes, est compétente pour contrôler le respect de ces obligations d'affichage. Les manquements peuvent faire l'objet de sanctions administratives.

Comment vérifier par vous-même

Le site gouvernemental prix-carburants.gouv.fr recense en temps réel les tarifs pratiqués par les stations qui ont l'obligation de les déclarer — soit l'immense majorité des points de vente. Il permet de comparer les prix dans un rayon donné autour d'une adresse, et de suivre l'évolution jour après jour. C'est un outil sobre, sans publicité, qui fait exactement ce qu'il promet.

Pour ceux qui préfèrent une application mobile, plusieurs agrégateurs reprennent ces données publiques. Aucun n'a le monopole de la fiabilité : ils puisent tous à la même source officielle.

La vraie question, au fond, n'est pas tant de savoir si le litre baisse de trois ou de six centimes. C'est de savoir si la promesse faite le 7 octobre se retrouve bien, chiffre à l'appui, sur l'écran de la pompe où vous faites le plein. Le décret du 23 octobre dit que oui, vous avez le droit de le voir écrit.

Source : SeniorActu.

Article original : Lire la suite sur senioractu.com ↗

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