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Covid-19 : les cas remontent depuis la rentrée, faut-il s'inquiéter quand on a plus de 65 ans ?
Le Covid-19 remonte doucement depuis la rentrée. Ni alarmisme ni désinvolture : ce moment appelle une lecture lucide des chiffres et une attention renouvelée à ce qu'on sait déjà.
JEUDI 24 SEPTEMBRE 2026·Par Fabrice Crozier
Chaque automne depuis 2020, le même mouvement se répète : la rentrée ramène le virus avec elle. Cette année ne fait pas exception. Les indicateurs remontent — hospitalisations, passages aux urgences, taux de positivité des tests — sans que les courbes évoquent pour autant la brutalité des vagues précédentes. C'est précisément ce calme relatif qui mérite attention. Une progression modérée n'est pas une progression anodine, surtout pour ceux dont le système immunitaire répond moins vite et moins fort aux infections respiratoires.
Ce que disent les chiffres, sans les déformer
Les données de Santé publique France, publiées chaque semaine, montrent depuis début septembre une hausse progressive du nombre de cas confirmés et des actes médicaux liés au Covid-19. Cette hausse reste, pour l'instant, très en deçà des pics observés en 2022 ou début 2023. Elle suit un schéma désormais bien documenté : le retour dans les espaces fermés, la reprise des transports en commun, la rentrée scolaire qui diffuse le virus dans les foyers.
Le variant en circulation à l'automne 2024 appartient à la lignée XEC, un sous-variant d'Omicron. Comme ses prédécesseurs récents, il semble plus transmissible que les souches originelles mais moins sévère chez les personnes immunisées. Ce "moins sévère" est un terme statistique : il décrit une population, pas un individu. Pour quelqu'un de soixante-dix ans avec une pathologie cardiovasculaire ou pulmonaire, le risque de forme grave reste réel.
Après soixante-cinq ans : ce qui change dans l'équation
Le vieillissement du système immunitaire — l'immunosénescence, pour employer le terme exact — n'est pas une fatalité, mais c'est un fait biologique. La réponse aux vaccins s'émousse avec l'âge, la mémoire immunitaire se consolide moins vite, et certaines comorbidités fréquentes (diabète, insuffisance rénale, traitement immunosuppresseur) amplifient le risque de décompensation. Ce n'est pas une raison de s'alarmer à chaque toux, mais c'est une raison de ne pas attendre quatre jours avant de consulter.
La Haute Autorité de Santé recommande depuis 2023 une dose de rappel annuelle pour les personnes de soixante-cinq ans et plus, ainsi que pour les personnes immunodéprimées et celles atteintes de comorbidités. Ce rappel automnal — calé sur le même calendrier que la vaccination antigrippale — peut être administré le même jour que le vaccin contre la grippe. Beaucoup ne le savent pas, ou le remettent à plus tard. Le "plus tard" de septembre devient facilement le "trop tard" de novembre.
Les antiviraux oraux, notamment le nirmatrelvir-ritonavir (Paxlovid), sont disponibles sur prescription pour les patients à risque de forme grave. Leur efficacité est conditionnée à une prise précoce — dans les cinq jours suivant l'apparition des symptômes. Cela suppose de tester rapidement, ce que beaucoup ne font plus par habitude ou par lassitude. Un autotest positif reste un signal qui mérite un appel au médecin, pas une simple mise en quarantaine silencieuse.
La lassitude comme facteur de risque
Cinq ans après le début de la pandémie, la vigilance collective s'est érodée. C'est compréhensible — et c'est un problème. Les gestes barrières ont disparu des espaces publics, le masque est devenu rare même dans les salles d'attente médicales, et la question "avez-vous fait votre rappel ?" ne fait plus partie des conversations de rentrée.
Cette normalisation n'est pas absurde. Le Covid-19 est devenu une maladie endémique parmi d'autres, et il serait vain de vouloir maintenir indéfiniment un état d'exception sanitaire. Mais endémique ne signifie pas bénin. La grippe est endémique depuis un siècle : elle tue encore chaque hiver plusieurs milliers de personnes en France, en majorité des personnes de plus de soixante-cinq ans. Le Covid-19 s'inscrit désormais dans ce même registre — celui des infections respiratoires hivernales à surveiller, pas à ignorer.
Quelques réflexes suffisent à réduire significativement le risque : vérifier son statut vaccinal avant octobre, tester dès les premiers symptômes, aérer les pièces de vie, et ne pas hésiter à remettre le masque dans les transports ou les lieux bondés si l'on se sait vulnérable. Rien de nouveau. Rien d'héroïque. Juste de la continuité.
Les chiffres de septembre n'ont rien d'une grande vague — mais c'est justement ce calme qui pousse à laisser traîner une toux qu'il vaudrait mieux prendre au sérieux.
Le Covid-19 ne fait plus la une. C'est peut-être le moment de s'en souvenir.
Source : Senioractu.
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