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Santé·Article 1 sur 4

Grippe : à 65 ans et plus, faut-il vous faire vacciner dès maintenant ou attendre l'hiver ? Votre médecin peut désormais garder le vaccin au cabinet médical

Le bon de vaccination attend sur le buffet depuis une semaine. La campagne est ouverte, l'hiver paraît encore loin — et la question du bon moment revient, comme chaque automne.

MARDI 20 OCTOBRE 2026·Par Fabrice Crozier

Une enveloppe kraft décachetée posée sur un buffet en bois sombre, à côté d'une tasse de café refroidie, dans la lumière oblique d'une fin d'après-midi d'octobre.
Illustration générée par notre rédaction.

Le bon est arrivé par courrier, glissé entre une facture et un relevé de compte. Il attend. L'hiver, lui, n'est pas encore là — les terrasses ne sont pas tout à fait fermées, les manteaux pas encore sortis. Et pourtant, la campagne nationale de vaccination contre la grippe et le Covid est ouverte depuis une semaine. Faut-il se précipiter, ou laisser passer quelques semaines ? La réponse tient à une mécanique biologique simple, souvent mal comprise, et à un changement discret mais utile dans l'organisation des cabinets médicaux.

Le délai que l'on oublie toujours

Le vaccin contre la grippe ne protège pas le jour de l'injection. Le système immunitaire a besoin de deux semaines environ pour fabriquer les anticorps en quantité suffisante. Ce délai est constant, quel que soit l'âge — mais il prend une importance particulière passé soixante ans, quand la réponse immunitaire est naturellement moins vive et moins rapide qu'à quarante ans.

L'épidémie de grippe saisonnière démarre en France métropolitaine entre la mi-novembre et la mi-décembre, selon les années. Certains hivers, le pic arrive dès la première semaine de janvier ; d'autres fois, il se décale jusqu'en février. Le Réseau Sentinelles, qui surveille la circulation des virus respiratoires depuis les années 1980, publie chaque semaine un bulletin qui permet de suivre la progression. Mais au moment où l'épidémie est officiellement déclarée, il est déjà trop tard pour se faire vacciner utilement : les deux semaines de latence immunitaire signifient que la protection n'est pleinement active qu'après le début de la circulation du virus.

La fenêtre idéale se situe donc entre octobre et la mi-novembre. Pas avant — les études montrent que l'immunité conférée par le vaccin antigrippal décline sur plusieurs mois, et une injection trop précoce en septembre risque de laisser le flanc découvert en février si l'épidémie est tardive. Pas après — le risque de se retrouver non protégé au moment du pic augmente à mesure que l'on retarde.

Ce qui change cette année au cabinet

Jusqu'à présent, la logistique du vaccin antigrippal reposait sur un aller-retour que beaucoup trouvaient fastidieux : recevoir le bon de prise en charge, aller à la pharmacie chercher le vaccin, revenir chez le médecin ou l'infirmière pour l'injection. Deux déplacements, parfois trois si le stock était épuisé à la première pharmacie.

Cette année, les médecins généralistes peuvent désormais conserver un stock de vaccins directement au cabinet. Le patient n'a plus à faire l'intermédiaire. Il apporte son bon de prise en charge — ou simplement sa carte Vitale pour les personnes éligibles à la gratuité —, et le vaccin est administré dans la foulée. Ce changement organisationnel, expérimenté dans certaines régions les années précédentes, est généralisé pour la campagne 2024-2025. Il réduit le nombre d'étapes, donc le nombre d'occasions de remettre à plus tard.

Les pharmaciens conservent bien sûr leur rôle : ils peuvent toujours délivrer le vaccin, et les infirmières libérales peuvent toujours vacciner à domicile sur prescription. Les points d'accès se sont multipliés ces dernières années — certains centres de santé et maisons de santé pluriprofessionnelles proposent également des créneaux dédiés en octobre et novembre.

Grippe et Covid : deux vaccins, une même période

La campagne couvre simultanément la grippe et le Covid. Les deux vaccins peuvent être administrés le même jour, dans deux bras différents — les autorités sanitaires le recommandent explicitement pour simplifier le parcours. La co-administration n'augmente pas les effets indésirables de façon significative, selon les données disponibles.

Pour la grippe, la composition du vaccin est révisée chaque année par l'Organisation mondiale de la santé, qui anticipe les souches virales susceptibles de circuler dans l'hémisphère nord en se basant sur la surveillance épidémiologique de l'hémisphère sud, dont l'hiver précède le nôtre de six mois. Ce travail de prévision n'est pas infaillible — certaines années, une souche inattendue domine —, mais il améliore sensiblement l'efficacité de la protection.

Pour les personnes de soixante-cinq ans et plus, la prise en charge à 100 % par l'Assurance maladie s'applique au vaccin antigrippal. Le bon de vaccination envoyé par courrier matérialise cette prise en charge, mais il n'est pas indispensable : la carte Vitale suffit à déclencher le remboursement intégral chez le médecin ou à la pharmacie.

Ni urgence ni procrastination

Se faire vacciner en octobre, c'est ni céder à une injonction anxiogène ni remettre à une date qui n'arrive jamais. C'est simplement aligner le calendrier biologique — deux semaines pour construire une immunité — avec le calendrier épidémique. Le bon qui attend sur le buffet a une durée de vie : la campagne se termine fin janvier, mais l'utilité réelle de l'acte diminue à mesure que l'hiver avance.

La protection n'est pleinement active que deux semaines après l'injection — et l'épidémie, elle, n'attend pas.

Un appel au cabinet pour vérifier si le médecin dispose du stock, ou un passage en pharmacie avec la carte Vitale : le geste est court. L'hiver, lui, arrive toujours plus vite qu'on ne le croit.

Source : Senioractu.com.

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