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Santé·Article 1 sur 4

La FDA approuve un générique préventif contre le VIH, deux piqûres par an : après 50 ans, voici ce que votre médecin propose déjà

Deux injections annuelles, une efficacité frôlant les 100 % : l'approbation américaine d'un générique du lénacapavir marque un tournant dans la prévention du VIH. La France, hors du dispositif, dispose pourtant de ses propres outils — encore trop peu mobilisés après cinquante ans.

MERCREDI 4 NOVEMBRE 2026·Par Fabrice Crozier

La FDA approuve un générique préventif contre le VIH, deux piqûres par an : après 50 ans, voici ce que votre médecin propose déjà
Photographie : senioractu.com

Deux injections par an. C'est le rythme auquel le lénacapavir, molécule développée par Gilead Sciences, protège contre le VIH dans les essais cliniques — avec une efficacité si proche de 100 % que les chercheurs ont interrompu l'un des bras placebo pour des raisons éthiques. La FDA vient d'approuver la première version générique de ce traitement préventif, qui sera cédée à 40 dollars l'année à destination de 120 pays à revenu faible ou intermédiaire. La France n'en fait pas partie. Ce qui ne signifie pas que la question ne nous concerne pas.

Ce que change le lénacapavir

La prophylaxie pré-exposition — la PrEP — existe depuis une décennie. Elle repose jusqu'ici sur une pilule quotidienne, le ténofovir-emtricitabine, remboursée en France depuis 2017 et accessible sans ordonnance préalable dans les centres de santé sexuelle. Elle fonctionne. Mais elle exige une discipline quotidienne que tout le monde ne maintient pas sur la durée, et elle reste stigmatisée dans certains milieux, y compris médicaux.

Le lénacapavir appartient à une autre classe pharmacologique : les inhibiteurs de capside. Il agit à plusieurs stades du cycle viral, ce qui lui confère une robustesse remarquable. Surtout, son profil de libération prolongée permet deux injections sous-cutanées par an — en juin et en décembre, si l'on veut schématiser. Pour les personnes qui peinent à intégrer un comprimé quotidien dans leur routine, ou qui préfèrent simplement ne pas y penser, c'est une différence de fond.

Aux États-Unis, Gilead commercialise la molécule sous le nom Sunlenca pour le traitement des patients en échec thérapeutique, à un prix très élevé. L'approbation d'un générique à usage préventif, à 40 dollars l'an, s'inscrit dans un accord de licence négocié avec des fabricants indiens et pakistanais pour les marchés à faibles ressources. L'Europe, et la France en particulier, devront négocier leur propre accès — ce qui prendra du temps.

Après cinquante ans, le VIH reste une réalité médicale

On associe volontiers le VIH à d'autres générations, à d'autres modes de vie. C'est une erreur de perspective. En France, les personnes de cinquante ans et plus représentent aujourd'hui une part croissante des nouvelles contaminations — et une part encore plus importante des diagnostics tardifs. Le dépistage tardif, c'est une charge virale élevée non traitée, des complications immunitaires évitables, et une transmission ignorée.

Plusieurs facteurs expliquent ce phénomène. Les campagnes de prévention ont longtemps ciblé les jeunes adultes. Les médecins généralistes proposent moins systématiquement le test à leurs patients de cinquante ans ou plus, parfois par pudeur, parfois par habitude. Les patients eux-mêmes s'estiment moins concernés. Et pourtant : une vie sexuelle active après cinquante ans est la norme, pas l'exception.

Le dépistage du VIH est recommandé au moins une fois dans la vie pour toute personne entre 15 et 70 ans, et plus fréquemment selon les pratiques et les partenaires.

Cette recommandation de la Haute Autorité de Santé est souvent méconnue. Elle s'applique sans condition d'âge particulière dans la tranche concernée — et elle peut se faire sur simple demande au laboratoire d'analyses médicales, sans ordonnance, et de manière anonyme si on le souhaite.

Ce que votre médecin peut proposer dès aujourd'hui

La PrEP orale est disponible en France pour toute personne exposée à un risque de contamination, quelle que soit son orientation sexuelle ou son âge. Elle est prescrite par un médecin généraliste, un infectiologue ou dans un centre de santé sexuelle (CeGIDD). Elle est remboursée à 100 % par l'Assurance maladie. Le suivi comprend un dépistage régulier du VIH et des autres infections sexuellement transmissibles, ainsi qu'un bilan rénal de routine.

Pour ceux qui ne relèvent pas de la PrEP mais souhaitent rester vigilants, le préservatif demeure le seul outil qui protège simultanément contre le VIH, les hépatites et l'ensemble des IST bactériennes — chlamydia, gonorrhée, syphilis — dont les taux remontent en France depuis plusieurs années, dans toutes les tranches d'âge.

Enfin, en cas d'exposition accidentelle — rapport non protégé avec un partenaire au statut inconnu ou séropositif non traité —, le traitement post-exposition (TPE) reste efficace s'il est initié dans les 48 heures. Il est disponible dans les services d'urgences hospitalières, 24 heures sur 24.

L'horizon du lénacapavir en France

L'Agence européenne des médicaments (EMA) examine le lénacapavir en indication préventive. Une autorisation européenne ouvrirait ensuite la voie à une négociation de prix avec les autorités françaises — processus qui, en France, passe par la Haute Autorité de Santé puis par le Comité économique des produits de santé. On parle d'un horizon de deux à quatre ans dans le meilleur des cas, probablement plus.

D'ici là, l'enjeu n'est pas d'attendre une molécule nouvelle. Il est de mobiliser les outils existants — dépistage, PrEP, TPE — auprès de ceux qui en ont besoin et ne savent pas encore qu'ils peuvent y accéder. Un rendez-vous chez son médecin, une conversation franche : c'est là que commence la prévention, quel que soit l'âge.

Source : Senioractu.com.

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