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On annonce un 1er septembre fait de gaz et de retraites : votre pharmacien cesse d'avancer les frais si vous refusez l'équivalent de vos médicaments
Depuis le 1er septembre, refuser le médicament biosimilaire proposé par votre pharmacien peut vous coûter le tiers payant — et parfois une part du remboursement. Une règle discrète, mais qui change concrètement la relation au comptoir.
MERCREDI 26 AOÛT 2026·Par Fabrice Crozier
Parmi les neuf mesures entrées en vigueur le 1er septembre, une seule concerne chaque visite à la pharmacie, chaque ordonnance renouvelée, chaque traitement de fond. Elle n'a guère fait la une. Et pourtant : refuser le médicament biosimilaire que votre pharmacien vous propose à la place du princeps habituel vous expose désormais à perdre le tiers payant — et, selon les cas, à avancer une partie des frais que la Sécurité sociale aurait couverts.
Biosimilaire : de quoi parle-t-on exactement ?
Un médicament biosimilaire n'est pas un générique ordinaire. Les génériques reproduisent des molécules chimiques simples, identiques à la molécule de référence. Les biosimilaires, eux, sont issus du vivant : ils reproduisent des médicaments biologiques — insulines, traitements de l'arthrite rhumatoïde, certaines thérapies contre le cancer, érythropoïétines. La fabrication passe par des cellules vivantes, ce qui rend la copie conforme à l'original dans ses effets cliniques, mais jamais strictement identique à la molécule près.
L'Agence européenne des médicaments et l'Agence nationale de sécurité du médicament encadrent leur mise sur le marché avec des exigences comparables à celles du médicament de référence. En France, leur substitution par le pharmacien — sans que le médecin ait à modifier l'ordonnance — est autorisée depuis 2020, sous conditions. Ce que le 1er septembre change, c'est la conséquence financière du refus.
Ce que la règle modifie au comptoir
Jusqu'ici, un patient pouvait refuser la substitution sans perdre le bénéfice du tiers payant. Le pharmacien délivrait le médicament de référence, la Sécurité sociale remboursait selon ses barèmes, et l'affaire s'arrêtait là. Désormais, le refus entraîne la suppression du tiers payant sur la part remboursable : vous réglez l'intégralité de la somme au comptoir, puis vous demandez le remboursement vous-même — avec les délais que cela suppose.
Plus précisément : si le biosimilaire est moins cher que le princeps, et que vous insistez pour le princeps, le remboursement de la Sécurité sociale sera calculé sur la base du biosimilaire. La différence reste à votre charge, sauf si votre complémentaire santé la couvre — ce qui n'est pas systématique.
Il existe des exceptions. Si le médecin a explicitement mentionné sur l'ordonnance qu'il s'oppose à la substitution — en cochant la case prévue à cet effet —, le pharmacien ne peut pas proposer l'échange, et la règle ne s'applique pas. De même, certaines situations cliniques particulières, notamment les patients sous traitement immunosuppresseur ou en oncologie, peuvent justifier le maintien du médicament de référence : c'est alors au médecin d'en attester.
Pourquoi cette mesure, pourquoi maintenant ?
La logique est budgétaire, sans détour. Les médicaments biologiques représentent une part croissante des dépenses de l'Assurance maladie — plusieurs milliards d'euros par an. Les biosimilaires coûtent en moyenne entre 20 % et 40 % moins cher que les médicaments de référence. Leur taux de pénétration en France reste inférieur à celui observé en Allemagne ou au Danemark, où la substitution est pratiquée depuis plus longtemps et plus largement.
L'objectif affiché est d'accélérer ce basculement. La contrainte financière sur le patient récalcitrant est l'un des leviers choisis — aux côtés d'incitations tarifaires pour les pharmaciens et d'objectifs de prescription pour les médecins.
La substitution biosimilaire n'est pas une dégradation du soin. C'est une décision réglementée, encadrée par les agences sanitaires européenne et française, fondée sur des données cliniques comparatives.
Ce qu'il est raisonnable de faire
Si vous êtes sous traitement biologique — et vous le savez, car ce sont des médicaments injectables ou des perfusions, rarement des comprimés courants —, la première démarche utile est d'en parler avec votre médecin avant le renouvellement. Il peut, s'il le juge cliniquement justifié, mentionner son opposition à la substitution sur l'ordonnance. Cette mention est un droit, pas une exception bureaucratique.
Si votre médecin ne s'y oppose pas et que le pharmacien vous propose un biosimilaire, la question à poser n'est pas "est-ce aussi efficace ?" — les agences ont répondu — mais "est-ce que ma complémentaire couvre l'éventuelle différence si je maintiens le princeps ?" Certains contrats le font, d'autres non. Un coup de téléphone à votre mutuelle vaut mieux qu'une mauvaise surprise au comptoir.
Pour les traitements courants — statines, antihypertenseurs, inhibiteurs de la pompe à protons —, la règle du biosimilaire ne s'applique pas : ces molécules relèvent du régime des génériques classiques, dont la substitution obéit à des règles distinctes et plus anciennes. Le 1er septembre ne change rien à cet équilibre-là.
Ce qui change, en revanche, c'est le rapport de force discret qui s'installe au comptoir. Le pharmacien n'est plus seulement un dispensateur : il devient, sur ce point précis, un acteur de la régulation des dépenses. Ce n'est pas illégitime. Mais cela mérite d'être su.
Source : Senioractu.com.
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