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Pneus hiver obligatoires du 1er novembre au 31 mars : sans décret, l'amende de 135 € ne vise pas encore votre voiture en montagne

Depuis quelques années, la loi impose des équipements hivernaux dans certaines zones de montagne entre novembre et mars. Mais l'amende de 135 € régulièrement citée dans la presse repose sur un décret d'application qui n'a pas encore été publié — nuance qui change tout avant de prendre la route.

MARDI 27 OCTOBRE 2026·Par Régis Mayer

Une paire de pneus hiver appuyée contre le mur d'un garage de village alpin, photographiée en lumière rasante de fin d'après-midi, leurs sculptures encore incrustées de terre séchée et de neige fondue.
Illustration générée par notre rédaction.

Chaque automne, le même avertissement circule : roulez en montagne sans pneus hiver et vous risquez 135 € d'amende. La règle existe bien, inscrite dans la loi Montagne II de 2016 et précisée par un décret de 2020. Mais entre le texte et la verbalisation effective au bord d'un col enneigé, il y a une étape que la plupart des articles escamotent.

Ce que la loi prévoit réellement

Depuis la saison 2021-2022, des équipements hivernaux sont obligatoires du 1er novembre au 31 mars dans les communes situées en zone montagne, identifiées par un panneau spécifique. Ces communes se répartissent sur 34 départements — des Alpes aux Pyrénées, en passant par le Massif central, les Vosges et la Corse intérieure. La liste complète est consultable sur le site officiel Légifrance et reprise par les préfectures concernées.

L'obligation ne porte pas sur les seuls pneus estampillés "hiver". Trois solutions sont reconnues : les pneus marqués M+S (mud and snow), les pneus portant le marquage 3PMSF (flocon sur montagne à trois pics, garantie de performance en conditions neigeuses), ou à défaut des chaînes ou chaussettes à neige transportées dans le véhicule et utilisables immédiatement. Cette dernière option permet de conserver des pneus quatre saisons ou été, à condition d'avoir l'équipement à bord.

Le principe est donc plus souple qu'on ne le présente souvent : il ne s'agit pas d'une obligation absolue de monter sur des pneus hiver, mais d'une obligation d'équipement adapté.

L'amende de 135 € : réelle, mais conditionnelle

C'est ici que le détail compte. La loi prévoit bien une contravention de 135 € pour les véhicules légers en infraction. Mais pour qu'un gendarme ou un policier puisse dresser un procès-verbal, encore faut-il qu'un arrêté préfectoral ait activé la mesure dans le département concerné. Or tous les préfectures ne publient pas cet arrêté au même moment, et certaines années, des délais administratifs décalent l'entrée en vigueur effective.

En pratique, cela signifie que le 1er novembre n'est pas une date universelle et automatique sur l'ensemble des 34 départements. Avant de partir, il vaut la peine de vérifier l'arrêté de la préfecture du département traversé — information disponible sur le site de chaque préfecture, souvent mise à jour en octobre.

Il faut aussi distinguer deux situations : l'absence totale d'équipement, qui expose à l'amende dès lors que l'arrêté est en vigueur, et le simple fait de rouler sur des pneus M+S sans flocon — marquage considéré comme moins fiable que le 3PMSF mais toujours légalement accepté jusqu'à la fin de la période transitoire initialement prévue. Les règles sur ce point ont évolué ces dernières saisons ; mieux vaut consulter la version en cours plutôt que de se fier à un article de l'hiver précédent.

Ce que cela change concrètement avant de partir

Vérifier le marquage de ses pneus est la première étape. Le flanc du pneu porte les informations nécessaires : cherchez le flocon à trois pics sur fond de montagne, ou au minimum les lettres M+S. Si vos pneus n'affichent rien de tel, des chaînes homologuées ou des chaussettes textiles rangées dans le coffre constituent une alternative légale — à condition de savoir les poser, ce qui mérite un essai à froid avant le départ.

La pression des pneus hiver mérite aussi attention : un pneu sous-gonflé par grand froid perd en efficacité et en durée de vie. Les constructeurs recommandent généralement de majorer légèrement la pression en hiver, mais la valeur exacte figure sur la plaque de votre véhicule, pas sur le flanc du pneu.

Enfin, un rappel utile : l'obligation s'applique au véhicule immatriculé en France comme aux véhicules étrangers circulant sur ces routes. Les locations de voitures sont concernées au même titre. Si vous louez un véhicule pour rejoindre une station, vérifiez avec le loueur que l'équipement est conforme avant de signer le contrat.

L'obligation d'équipement hivernal vise d'abord la sécurité des routes de montagne — pas la perception d'amendes. Mais l'ignorance de la règle ne protège pas de la contravention une fois l'arrêté préfectoral publié.

Quelques repères pour la saison

Les pneus hiver ont une durée de vie mesurée en années autant qu'en kilomètres. Un pneu vieilli, même peu usé, perd ses propriétés : la gomme durcit et adhère moins bien au froid. L'usage recommande de ne pas dépasser sept à huit ans, quelle que soit la profondeur des sculptures. La date de fabrication est gravée sur le flanc sous la forme d'un code à quatre chiffres — les deux premiers indiquent la semaine, les deux suivants l'année.

Si vous n'utilisez votre voiture en montagne qu'occasionnellement, l'achat de chaînes de qualité reste la solution la moins coûteuse. Les chaînes textiles (chaussettes) sont plus faciles à poser et acceptées dans la quasi-totalité des cas, sauf sur certains véhicules à faible garde au sol — vérifiez la compatibilité avec votre modèle.

La période novembre-mars couvre les vacances de Noël, les vacances de février et les derniers week-ends de ski de mars. Autant d'occasions où les axes de montagne sont chargés et les contrôles plus fréquents. Partir équipé, c'est aussi ne pas immobiliser la file derrière soi au premier verglas.

Source : senioractu.com.

Article original : Lire la suite sur senioractu.com ↗

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