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LUNDI 13 JUILLET 2026131
Senior·Closer
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Santé·Article 2 sur 4

Sam Neill, le Dr Grant de Jurassic Park, est mort à 78 ans après avoir vaincu son cancer

Il avait annoncé sa guérison en avril avec une émotion contenue, presque incrédule. Sam Neill est mort le 13 juillet à Sydney, à 78 ans — deux mois et demi après cette déclaration.

LUNDI 13 JUILLET 2026·Par Fabrice Crozier

Une paire de lunettes de lecture posée sur un exemplaire ouvert d'un roman de poche, sur une table en bois clair baignée d'une lumière d'après-midi dorée, l'ombre d'un feuillage tremblant sur la page.
Illustration générée par notre rédaction.

Il y a quelque chose de particulièrement cruel dans cette séquence. En avril, Sam Neill accordait une interview à la chaîne australienne 7News, visiblement ému, pour annoncer qu'il n'avait plus aucune trace de cancer dans le corps. Le soulagement était palpable — le sien, celui de ses proches, celui de millions de spectateurs qui avaient grandi avec lui. Le 13 juillet, il s'éteignait à l'hôpital St Vincent's de Sydney, entouré de sa famille. Il avait 78 ans.

Un acteur de la longue durée

Nigel John Dermot Neill — dit Sam — était né en 1947 en Irlande du Nord, à Omagh, avant que sa famille ne s'installe en Nouvelle-Zélande. C'est là qu'il fit ses armes, dans un cinéma local encore en construction, avant de s'imposer progressivement sur les écrans internationaux. Son visage, ses yeux clairs légèrement mélancoliques, sa façon de jouer en retenue dans des rôles qui appelaient souvent à la démesure : tout cela finit par composer une présence reconnaissable entre mille.

Le grand public le découvrit dans Omen III en 1981, puis dans Mort à Venise et plusieurs productions britanniques. Mais c'est en 1993 que Steven Spielberg lui offrit le rôle qui traverserait les générations : le paléontologue Alan Grant dans Jurassic Park. Un scientifique sceptique, bougon, peu à l'aise avec les enfants — et pourtant irrésistiblement humain face aux dinosaures ressuscités. Neill y apportait une gravité sobre qui ancrait le film dans quelque chose de crédible, malgré le spectacle.

Il reprit le rôle dans Jurassic Park III en 2001, puis une dernière fois dans Jurassic World Dominion en 2022 — retrouvailles avec Laura Dern et Jeff Goldblum que le public accueillit avec une affection teintée de nostalgie. Entre-temps, il avait construit une filmographie dense : The Piano de Jane Campion (1993), In the Mouth of Madness de John Carpenter, la série Peaky Blinders, des dizaines de rôles qui confirmaient une polyvalence rare.

Quatre ans de combat, deux mois d'espoir

En mars 2023, Sam Neill avait publiquement révélé souffrir d'un lymphome anaplasique à grandes cellules, un cancer du sang diagnostiqué en 2022. Il en parlait dans son livre de mémoires, Did I Ever Tell You This?, rédigé en partie pendant les traitements — comme si écrire était une façon de tenir debout. Le ton du livre, à ce qu'en disaient ceux qui l'avaient lu, était celui d'un homme qui regardait sa vie avec curiosité plutôt qu'avec effroi.

Le lymphome anaplasique à grandes cellules est une forme relativement rare de lymphome non hodgkinien. Il touche les lymphocytes T et peut survenir à tout âge, même si certaines formes sont plus fréquentes chez l'adulte. Les traitements — chimiothérapie, parfois immunothérapie ciblée — ont progressé ces dernières années, et les taux de réponse se sont améliorés. Neill avait bien répondu aux soins. D'où l'annonce d'avril, sincère, médicalement fondée au moment où elle fut faite.

Ce qui s'est passé entre avril et juillet n'a pas été précisé par sa famille ou son entourage au moment des premières informations disponibles. Les rechutes dans ce type de pathologie peuvent être brutales. La rémission, même confirmée, n'est jamais une garantie définitive — les oncologues parlent volontiers de surveillance à cinq ans avant d'employer le mot "guérison" dans son sens le plus absolu. Neill, lui, avait choisi d'annoncer la bonne nouvelle sans attendre. On peut comprendre cette décision.

Ce que laisse une présence

Il y a des acteurs dont on se souvient des rôles, et d'autres dont on se souvient de la présence. Sam Neill appartenait à la seconde catégorie. Même dans des films imparfaits, il apportait une densité tranquille, une façon d'habiter le cadre sans le saturer. Il était aussi vigneron en Nouvelle-Zélande — son domaine Two Paddocks, en Otago Central, produisait des pinots noirs qu'il défendait avec la même discrétion appliquée qu'il mettait dans son jeu.

Sur les réseaux sociaux, il avait développé ces dernières années une présence attachante, faite de vidéos courtes tournées dans sa ferme, avec ses animaux, ses livres, ses vignes. Rien de calculé. Juste un homme qui semblait avoir trouvé, avec l'âge, une forme de légèreté sans superficialité.

« Je n'ai plus aucune trace de cancer dans le corps. » — Sam Neill, avril 2025.

Cette phrase, prononcée avec une émotion visible, reste. Elle dit quelque chose sur ce que c'est que de traverser une maladie longue et de voir, un matin, les examens revenir nets. Le fait qu'il soit mort deux mois plus tard ne la rend pas fausse. Elle dit simplement que la vie ne négocie pas.

Source : Senioractu.com.

Article original : Lire la suite sur senioractu.com

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