Aller directement au contenu
Lecture
Choisir la taille du texte de lecture
SAMEDI 31 OCTOBRE 2026N° 147
Senior·Closer
Lecture · 5 min

Bien-vivre·Article 4 sur 4

Une hausse du Livret A plus forte que prévu est attendue en février 2027, mais c'est Bercy qui aura le dernier mot sur le taux de votre livret

Le taux du Livret A vient de baisser. Il devrait remonter en février 2027 — et plus franchement que prévu. Mais la formule de calcul n'est pas le dernier mot : Bercy garde la main.

SAMEDI 31 OCTOBRE 2026·Par Fabrice Crozier

Une liasse de billets glissée entre les pages d'un carnet de comptes posé sur une table en bois, éclairée par la lumière rasante d'une fenêtre en fin d'après-midi.
Illustration générée par notre rédaction.

Depuis le 1er août, le Livret A rémunère l'épargne à 1,7 %. Une baisse — il était à 3 % encore début 2024 — qui a surpris par son ampleur. Pourtant, la mécanique qui régit ce taux n'a pas changé, et elle joue désormais dans l'autre sens. L'inflation de l'automne 2025 a accéléré plus que les économistes ne l'anticipaient à la rentrée. Résultat : la révision de février 2027 s'annonce à la hausse, et plus nettement que ce qu'on imaginait il y a quelques mois.

Comment le taux est calculé — et pourquoi l'inflation compte

La formule officielle, définie par arrêté, repose sur deux données principales : la moyenne semestrielle de l'inflation hors tabac et la moyenne des taux interbancaires à court terme (€STR). La Banque de France effectue le calcul deux fois par an, en janvier et en juillet, pour des entrées en vigueur au 1er février et au 1er août. Le résultat est arrondi au dixième de point le plus proche, avec un plancher à 0,5 %.

Ce mécanisme a une logique claire : garantir que le Livret A ne perde pas trop de terrain face à la hausse des prix. Quand l'inflation remonte, le taux calculé remonte avec elle. C'est précisément ce qui se dessine pour début 2027. Les chiffres d'octobre et novembre ont surpris à la hausse, et ils entreront pleinement dans la moyenne semestrielle qui servira de base au prochain calcul.

Pour un épargnant qui suit ses relevés sans nécessairement décortiquer les indices de l'INSEE, le message est simple : l'argent que vous avez laissé sur votre Livret A devrait être mieux rémunéré dans un peu plus d'un an. Pas de manière spectaculaire — on ne reviendra pas à 3 % du jour au lendemain — mais de façon mesurable.

Bercy garde la main

La formule, cependant, n'est pas une loi d'airain. Le ministre de l'Économie peut s'en écarter. C'est arrivé plusieurs fois dans l'histoire récente du livret : en 2022, face à la flambée inflationniste, le gouvernement avait choisi d'appliquer des hausses plus rapides que ce que la formule imposait strictement. Dans l'autre sens, il peut aussi décider de lisser une hausse, voire de ne pas l'appliquer en totalité, si des considérations de politique économique le justifient.

Cette latitude ministérielle est rarement évoquée dans les articles grand public, qui présentent souvent la révision comme automatique. Elle ne l'est pas. Le calcul de la Banque de France est une recommandation ; la décision appartient à Bercy. En période de tension budgétaire — et la France n'en manque pas —, cette distinction mérite d'être gardée à l'esprit.

Le Livret d'épargne populaire (LEP), dont le taux suit une formule proche mais légèrement différente, est soumis au même régime. Il rémunère aujourd'hui à 3,5 %, après avoir culminé à 6 % en 2023. Pour ceux qui y sont éligibles — sous conditions de revenu fiscal de référence —, il reste de loin le placement réglementé le plus avantageux, et la prochaine révision devrait également lui être favorable.

Ce que cela change concrètement

Le Livret A plafonne à 22 950 euros pour un particulier. Au taux actuel de 1,7 %, cela représente environ 390 euros d'intérêts annuels, nets de tout impôt et de prélèvements sociaux — c'est là l'un des avantages durables du produit. Si le taux remontait, par exemple, à 2,5 % en février 2027, le même capital produirait près de 575 euros. L'écart n'est pas négligeable sur une épargne de précaution.

Reste une question de fond que la mécanique des taux ne résout pas : le Livret A est-il le bon endroit pour loger une épargne longue ? À 1,7 %, il ne couvre pas l'inflation actuelle. Il protège la liquidité, pas le pouvoir d'achat. Pour une épargne que l'on n'envisage pas de toucher avant plusieurs années, d'autres supports — assurance-vie en fonds euros, obligations d'État, voire immobilier locatif — méritent d'être mis en regard. Mais c'est une autre conversation, qui suppose de connaître sa propre situation fiscale et patrimoniale.

Pour l'heure, la prochaine échéance est fixée : le 1er février 2027. D'ici là, le taux ne bougera pas. Et la décision finale, quelle que soit la recommandation de la Banque de France, appartiendra au ministre en poste.

Source : Senioractu.com.

Article original : Lire la suite sur senioractu.com ↗

Demander à l'article

Une question sur ce que vous venez de lire ?

La rédaction confie cette tâche à un assistant. Il ne répondra qu'à partir de l'article, sans inventer.

Vendredi prochain, encore quatre articles choisis.

Une seule édition par semaine. Le vendredi matin. Désabonnement en un clic.

Continuer la lecture

Aussi dans ce numéro.