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Santé·Article 1 sur 4

Vous aidez un proche atteint d'Alzheimer et n'avez plus un jour à vous ? Son APA peut payer jusqu'à 583,52 € par an pour le faire garder

Accompagner un proche atteint d'Alzheimer finit souvent par effacer toute vie propre. Il existe pourtant un financement méconnu, adossé à l'APA, qui permet de souffler — à condition de savoir le demander.

MARDI 22 SEPTEMBRE 2026·Par Fabrice Crozier

Une tasse de café refroidie posée sur une table en bois, à côté d'un agenda ouvert dont les cases sont remplies d'une écriture serrée, dans la lumière oblique d'une fin d'après-midi.
Illustration générée par notre rédaction.

Il y a en France environ quatre millions de personnes qui accompagnent au quotidien un proche atteint de la maladie d'Alzheimer ou d'une pathologie apparentée. Elles organisent les repas, gèrent les médicaments, surveillent les nuits, rassurent à toute heure. Elles s'oublient. Et elles ignorent, pour la plupart, qu'un dispositif de financement existe précisément pour leur permettre de s'arrêter — quelques jours, quelques heures — sans que cela coûte à la famille ce qu'elle n'a pas.

Ce que l'APA prévoit pour les aidants

L'Allocation personnalisée d'autonomie — l'APA — est attribuée à la personne dépendante, pas à son aidant. C'est son plan d'aide, évalué par l'équipe médico-sociale du Conseil départemental, qui détermine les prestations financées. Parmi elles figure une ligne souvent ignorée : le relayage de l'aidant, parfois appelé "répit aidant".

Concrètement, lorsque le proche aidé est classé en GIR 1 à 4 et que l'aidant est reconnu comme "aidant principal non professionnel", le plan d'aide peut intégrer une enveloppe spécifique allant jusqu'à 583,52 euros par an pour financer une solution de remplacement temporaire. Ce montant, indexé sur la valeur du point GIR, permet de couvrir partiellement le coût d'un accueil en hébergement temporaire, d'un accueil de jour, ou d'une intervention à domicile d'un professionnel qui "relaie" l'aidant pendant son absence.

Ce droit existe depuis le renforcement du plan Maladies neurodégénératives, et il a été consolidé par la loi d'adaptation de la société au vieillissement de 2015. Il reste pourtant massivement sous-utilisé. Les raisons sont multiples : méconnaissance des aidants eux-mêmes, évaluateurs qui n'en parlent pas systématiquement, sentiment de culpabilité à "abandonner" le proche, ou simplement épuisement qui empêche de faire les démarches.

Comment activer ce financement

La démarche passe par le Conseil départemental du lieu de résidence de la personne aidée. Si un plan APA est déjà en cours, il faut demander une révision du plan d'aide en signalant explicitement la situation d'aidant principal et le besoin de répit. Si aucune APA n'a encore été demandée, c'est le moment de le faire — le dossier est disponible auprès du Centre communal d'action sociale (CCAS) ou directement sur le site du Conseil départemental.

L'évaluation à domicile est réalisée par une équipe médico-sociale. C'est lors de cet entretien qu'il faut nommer clairement la situation : l'aidant vit-il au domicile du proche ? Assure-t-il une présence quotidienne ? A-t-il renoncé à une activité professionnelle ou sociale ? Ces éléments pèsent dans la construction du plan.

Les solutions financées peuvent prendre plusieurs formes. L'accueil de jour permet au proche de passer une ou plusieurs journées par semaine dans une structure spécialisée, pendant que l'aidant récupère. L'hébergement temporaire — quelques jours à quelques semaines en établissement — offre une coupure plus longue. Le relayage à domicile, assuré par un professionnel formé, permet à l'aidant de partir sans que le proche quitte ses habitudes.

L'épuisement de l'aidant n'est pas une fatalité

France Alzheimer et les associations locales qui lui sont affiliées jouent un rôle clé dans l'orientation. Leurs bénévoles et travailleurs sociaux connaissent les dispositifs département par département, les délais réels, les prestataires agréés. Ils peuvent accompagner la constitution du dossier et, surtout, aider l'aidant à formuler ce dont il a besoin — ce qui n'est pas toujours simple quand on a perdu l'habitude de penser à soi.

Il existe aussi, en parallèle de l'APA, d'autres leviers : la plateforme d'accompagnement et de répit, financée par les Agences régionales de santé dans de nombreux territoires, propose des groupes de parole, des séjours de vacances accompagnés, des formations. Certaines mutuelles et caisses de retraite complémentaire ont développé leurs propres aides au répit, cumulables avec l'APA dans certaines conditions.

Le chiffre de 583,52 euros peut sembler modeste face au coût réel d'un hébergement temporaire, souvent facturé entre 80 et 120 euros par jour. Il ne couvre pas tout. Mais il réduit le reste à charge, et surtout il signale quelque chose d'essentiel : la société a reconnu, au moins dans ses textes, que l'aidant a le droit de souffler. Encore faut-il que ce droit soit connu, demandé, et accordé sans que l'intéressé ait à se battre pour l'obtenir.

Quatre millions de personnes accompagnent en France un proche atteint de la maladie d'Alzheimer. La plupart ignorent qu'une partie de leur répit peut être financée.

Source : Senioractu.

Article original : Lire la suite sur senioractu.com

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