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MERCREDI 26 AOÛT 2026137
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Santé·Article 4 sur 4

À compter du 1er septembre, votre pharmacien cessera d'avancer les frais si vous refusez un biosimilaire de votre médicament

Depuis le 1er septembre, refuser le médicament biosimilaire proposé par votre pharmacien a une conséquence concrète et immédiate : l'avance des frais disparaît. Une mesure discrète parmi neuf, mais celle qui touchera le plus grand nombre.

MERCREDI 26 AOÛT 2026·Par Fabrice Crozier

Une boîte de médicament posée sur le comptoir en bois clair d'une pharmacie, à côté d'une ordonnance manuscrite froissée, lumière de fin d'après-midi filtrant par une vitrine.
Illustration générée par notre rédaction.

Il y a les réformes dont on parle, et celles qui s'appliquent sans bruit. Depuis le 1er septembre, refuser le médicament biosimilaire que votre pharmacien vous propose à la place de votre traitement habituel entraîne la suspension du tiers payant — et, selon les cas, une réduction du remboursement. La mesure fait partie d'un paquet de neuf dispositions entrées en vigueur simultanément. C'est la moins commentée. C'est aussi celle qui concerne le plus directement votre ordonnance mensuelle.

Biosimilaire : de quoi parle-t-on exactement

Un médicament biologique est fabriqué à partir de cellules vivantes — bactéries, levures, cellules de mammifères — et non par synthèse chimique classique. Les insulines, certains traitements contre les maladies inflammatoires, plusieurs médicaments contre le cancer en font partie. Quand le brevet du médicament original expire, d'autres laboratoires peuvent produire une version dite biosimilaire : même substance active, même voie d'administration, même efficacité et même profil de sécurité, validés par l'Agence européenne des médicaments avant toute mise sur le marché.

Le biosimilaire n'est pas un générique au sens habituel du terme. Un générique reproduit une molécule chimique simple, identique à l'original. Le biosimilaire reproduit une molécule complexe, vivante par nature, dont on ne peut garantir une stricte identité moléculaire — mais dont l'équivalence clinique est rigoureusement démontrée. La distinction est réelle, mais elle ne justifie pas, aux yeux des autorités sanitaires françaises, un refus systématique de substitution.

Ce qui change au comptoir

Jusqu'ici, la substitution des biologiques par leur biosimilaire était possible mais encadrée : le pharmacien pouvait la proposer, le médecin pouvait l'interdire par mention expresse sur l'ordonnance, et le patient conservait un droit de refus sans pénalité financière immédiate. Ce dernier point change.

Désormais, si votre pharmacien vous propose un biosimilaire disponible et que vous refusez sans que votre médecin ait explicitement exclu la substitution sur l'ordonnance, vous perdez le bénéfice du tiers payant sur ce médicament. Concrètement : vous avancez la totalité du prix, puis vous vous faites rembourser selon les règles habituelles — mais le remboursement peut lui-même être calculé sur la base du prix du biosimilaire, moins élevé, si l'Assurance maladie applique le tarif de référence correspondant. L'écart à votre charge peut donc être double : l'avance de trésorerie, et une différence de remboursement.

La logique de la mesure est économique et de santé publique à la fois. Les biosimilaires sont moins coûteux que les biologiques originaux — souvent de manière significative — et leur développement dans les prescriptions françaises reste en retard par rapport à plusieurs pays européens. L'Assurance maladie y voit un levier d'économies substantielles, sans compromis sur la qualité des soins.

Ce que vous pouvez faire

Le refus n'est pas interdit. Il est simplement rendu coûteux quand il ne repose sur aucune contre-indication médicale documentée. Si vous suivez un traitement biologique depuis plusieurs années et que vous avez des raisons sérieuses de ne pas changer — tolérance particulière, stabilité d'une maladie chronique difficile à équilibrer, avis de votre spécialiste — la bonne démarche est d'en parler à votre médecin avant le renouvellement. Il lui appartient d'inscrire sur l'ordonnance la mention qui exclut la substitution. Dans ce cas, le tiers payant est maintenu.

Ce que la mesure ne change pas : votre médecin reste seul décisionnaire de votre traitement. Le pharmacien propose, il ne prescrit pas. Et l'équivalence thérapeutique du biosimilaire ne signifie pas que le changement convient à toutes les situations — certaines pathologies, certains profils de patients, peuvent justifier la continuité. Mais cette justification doit désormais figurer noir sur blanc sur l'ordonnance, pas rester implicite.

Une mesure parmi neuf — et pas la seule à retenir

Le 1er septembre a vu entrer en vigueur huit autres dispositions, touchant notamment les règles de délivrance de certains médicaments à prescription obligatoire, des ajustements de remboursement sur plusieurs classes thérapeutiques, et des modifications de procédure pour les arrêts de travail. Aucune n'a suscité autant d'indifférence médiatique que la règle sur les biosimilaires — sans doute parce qu'elle semble technique. Elle ne l'est pas. Elle modifie le rapport financier entre le patient et son traitement de fond, chaque mois, pour une part croissante de la population sous traitement biologique.

Si vous prenez un médicament biologique — insuline, traitement de la polyarthrite, de la maladie de Crohn, du psoriasis sévère, ou d'autres pathologies chroniques — le prochain renouvellement d'ordonnance est le bon moment pour poser la question à votre médecin. Pas pour refuser par principe. Pour décider en connaissance de cause.

Source : Senioractu.com.

Article original : Lire la suite sur senioractu.com

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