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Budget de la Sécu rejeté en commission : le gel de votre pension au-dessus de 1 260 euros reviendra mardi avec le texte du gouvernement
Le budget de la Sécurité sociale pour 2027 a été rejeté en commission des affaires sociales, après que les députés ont supprimé le gel des pensions au-dessus de 1 260 euros et la taxe sur les complémentaires santé. Un vote spectaculaire, mais sans portée immédiate : c'est le texte original du gouvernement qui sera soumis à l'hémicycle mardi.
SAMEDI 17 OCTOBRE 2026·Par Fabrice Crozier
Cinq jours de débats, un rejet en bloc, et pourtant rien n'est tranché. La commission des affaires sociales de l'Assemblée nationale a rejeté vendredi le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027, après avoir supprimé deux mesures particulièrement sensibles : le gel des retraites pour les pensions dépassant 1 260 euros bruts mensuels, et une taxe additionnelle sur les contrats de complémentaire santé. Un vote qui a fait du bruit. Mais la procédure parlementaire, elle, suit sa propre logique — et elle n'est pas tendre avec les majorités de circonstance.
Ce que le rejet en commission change — et ce qu'il ne change pas
En droit parlementaire français, le rejet d'un texte en commission n'équivaut pas à son abandon. La Constitution et le règlement de l'Assemblée prévoient que le gouvernement peut demander l'examen en séance plénière de son texte initial, tel qu'il a été déposé, sans tenir compte des modifications ou du vote de la commission. C'est précisément ce qui se produira mardi : les députés débattront dans l'hémicycle de la version gouvernementale du PLFSS, avec le gel des pensions et la taxe sur les mutuelles toujours inscrits noir sur blanc.
Le rejet en commission est donc davantage un signal politique qu'un acte législatif définitif. Il dit quelque chose de l'état de la majorité — ou plutôt de son absence — mais il ne supprime aucune mesure. Les articles que la commission a rayés reviendront, intacts, dans le texte soumis au vote de l'ensemble des députés.
Le gel des pensions : de quoi parle-t-on exactement
La mesure contestée prévoit de ne pas revaloriser les pensions de retraite supérieures à 1 260 euros bruts par mois au 1er janvier 2027. En dessous de ce seuil, la revalorisation habituelle — indexée sur l'inflation — serait maintenue. Au-dessus, les pensions seraient gelées, perdant ainsi en pouvoir d'achat réel le temps que l'inflation érode la valeur nominale de la prestation.
Ce seuil de 1 260 euros correspond approximativement au niveau du Smic net, ce qui signifie que la mesure toucherait une large part des retraités ayant eu des carrières complètes dans des secteurs moyennement rémunérés — fonctionnaires de catégorie B, ouvriers qualifiés, employés du secteur privé avec ancienneté. Le gouvernement présente ce gel comme une contribution à l'effort de redressement des finances sociales. Ses opposants y voient une rupture du principe d'indexation qui structure le régime de retraite depuis des décennies.
La revalorisation annuelle des pensions est encadrée par la loi : elle suit en principe l'évolution de l'indice des prix à la consommation, hors tabac. Y déroger, même temporairement, nécessite une disposition législative explicite — ce que contient précisément le PLFSS. Un gel d'un an peut sembler limité ; il crée néanmoins un précédent et, pour les retraités concernés, une perte sèche non rattrapée les années suivantes.
La taxe sur les mutuelles : un sujet récurrent
L'autre mesure supprimée par la commission porte sur les contrats de complémentaire santé. Le projet gouvernemental prévoyait d'augmenter la taxe de solidarité additionnelle (TSA) qui s'applique aux cotisations versées aux organismes complémentaires — mutuelles, institutions de prévoyance, assurances. Cette taxe, créée en 2011 pour financer la couverture maladie universelle complémentaire (CMU-C), a déjà été relevée à plusieurs reprises.
Une hausse supplémentaire se répercute mécaniquement sur les cotisations des assurés. Pour les ménages qui ne bénéficient pas d'une complémentaire collective prise en charge par un employeur — retraités en premier lieu —, la facture est intégralement personnelle. La mesure était donc doublement ciblée sur les mêmes foyers : gel de la pension d'un côté, renchérissement de la mutuelle de l'autre.
Mardi, l'hémicycle reprend la main
La séance publique qui s'ouvrira mardi repart du texte gouvernemental. Les mêmes batailles pourront s'y rejouer, amendement par amendement. La configuration politique de l'Assemblée — fragmentée, sans majorité absolue — rend l'issue incertaine. Le gouvernement pourrait choisir d'engager sa responsabilité via l'article 49-3, ce qui lui permettrait de faire adopter le texte sans vote, sauf motion de censure. Il pourrait aussi négocier des modifications pour obtenir une majorité de circonstance.
Ce qui est certain : les arbitrages ne sont pas rendus. Le vote de vendredi a montré qu'une majorité de députés, toutes sensibilités confondues, refusait ces deux mesures dans leur forme actuelle. Cela ne suffit pas à les faire disparaître du débat. En matière budgétaire, la procédure parlementaire française donne au gouvernement des outils puissants pour maintenir ses orientations face à une chambre divisée. Le résultat final dépendra autant des rapports de force politiques que de la lettre des textes.
Source : Senioractu.com.
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