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Changement d'heure : la France passe à l'heure d'hiver ce week-end, et à Paris le soleil se couchera avant 18 heures sur vos trajets à pied
Dans la nuit de samedi à dimanche, les aiguilles reculent d'une heure. Ce glissement discret modifie plus que le sommeil : il redessine la lumière du soir et change les conditions de sécurité pour quiconque marche en ville.
SAMEDI 24 OCTOBRE 2026·Par Fabrice Crozier
Dans la nuit de samedi à dimanche, à trois heures du matin, il sera officiellement deux heures. Un gain d'une heure de sommeil, dit-on volontiers — mais aussi, dès le lendemain soir, un coucher de soleil qui tombe avant dix-huit heures à Paris. Pour ceux qui rentrent à pied, en vélo ou en transports, ce basculement n'est pas qu'une affaire de pendule.
Avancer ou reculer — la question qui revient chaque automne
Le mécanisme est simple, mais la formule reste obstinément confuse. En octobre, on recule d'une heure : on gagne une heure de sommeil, on perd une heure de lumière en soirée. En mars, on avance : l'inverse. Un moyen mnémotechnique tient depuis des décennies — en été on avance comme les fleurs, en hiver on recule comme les feuilles — sans que cela empêche la question de ressurgir chaque fois qu'on règle le four.
Ce changement saisonnier remonte en France à 1976, instauré après le choc pétrolier pour réduire la consommation d'éclairage artificiel. L'économie d'énergie initiale, réelle dans les années 1970, est aujourd'hui jugée marginale par la plupart des études — l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie l'a elle-même relativisée. Le débat sur sa suppression a resurgi avec force en 2018-2019, quand la Commission européenne a proposé d'y mettre fin. Le projet a achoppé sur une question apparemment simple : heure d'été permanente ou heure d'hiver permanente ? Les États membres n'ont pas tranché, et le changement biannuel a survécu, faute de consensus.
Ce qui change concrètement dès dimanche soir
La lumière du jour en fin d'après-midi disparaît d'un coup. À Paris, le soleil se couchait encore aux alentours de dix-neuf heures ces dernières semaines ; dès dimanche, ce sera avant dix-huit heures, et la descente se poursuivra jusqu'au solstice de décembre. Pour les trajets de retour — à pied, à vélo, en sortant du métro — cela signifie marcher dans l'obscurité là où on marchait encore dans la lumière.
Ce n'est pas un détail. Les statistiques de sécurité routière montrent chaque année une augmentation des accidents impliquant des piétons dans les semaines qui suivent le passage à l'heure d'hiver. La visibilité se dégrade, les conducteurs n'ont pas encore ajusté leurs réflexes, et les piétons eux-mêmes sous-estiment parfois combien ils deviennent difficiles à voir. Porter des vêtements clairs ou réfléchissants sur les trajets du soir n'est pas une précaution anecdotique.
Le corps, lui, ne règle pas ses aiguilles en une nuit
Le changement d'heure d'automne est généralement mieux toléré que celui du printemps — on gagne une heure, on ne la perd pas. Mais "mieux toléré" ne signifie pas sans effet. Le rythme circadien, cette horloge biologique qui synchronise le sommeil, la température corporelle et la sécrétion de cortisol, met plusieurs jours à se recaler. Certaines personnes ressentent une fatigue passagère, des difficultés d'endormissement ou, à l'inverse, un réveil trop précoce.
S'exposer à la lumière naturelle le matin — même un quart d'heure dehors — reste le signal le plus efficace pour aider l'horloge interne à se repositionner. Les écrans en soirée, qui émettent une lumière bleue proche de celle du jour, travaillent en sens inverse et retardent l'endormissement. Ce n'est pas nouveau, mais le changement d'heure rend ces effets plus perceptibles pendant quelques jours.
Et après ?
Le débat européen n'est pas clos, il est simplement en suspens. Si la suppression du changement d'heure devait un jour aboutir, le choix entre heure d'été et heure d'hiver permanentes aurait des conséquences très différentes selon la latitude. La France, géographiquement à l'ouest de son fuseau horaire, verrait avec une heure d'hiver permanente des levers de soleil très tardifs en été — après neuf heures dans certaines régions. Avec une heure d'été permanente, ce seraient les matins d'hiver qui resteraient dans le noir jusqu'à neuf heures et demie ou dix heures. Aucune option n'est neutre.
En attendant, ce dimanche matin, une heure supplémentaire est là. Autant en profiter avant que les soirées ne raccourcissent pour de bon.
Source : senioractu.com.
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