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Chauffage au gaz ou à l'électricité : avec le prix repère de la CRE relevé au 1er novembre, votre vieille chaudière coûte presque autant qu'un radiateur
Depuis le 1er novembre, le prix repère du gaz fixé par la CRE a été relevé. Pour les foyers encore équipés d'une vieille chaudière, l'avantage historique du gaz sur l'électricité s'est presque évaporé.
DIMANCHE 1 NOVEMBRE 2026·Par Fabrice Crozier
Pendant des décennies, le calcul était simple : le gaz chauffait moins cher que l'électricité, point. Cette certitude a structuré des millions de choix d'équipement, retardé des rénovations, justifié de conserver une chaudière vieillissante. Le relevé du prix repère de la Commission de régulation de l'énergie au 1er novembre vient d'en effacer une bonne partie.
Le prix repère, un indicateur qui pèse sans être un tarif réglementé
Depuis la fin du tarif réglementé du gaz pour les particuliers — supprimé définitivement en juillet 2023 — il n'existe plus de prix officiel fixé par l'État pour le gaz naturel. La CRE publie en revanche chaque mois un prix repère : un indice de référence calculé à partir des cours du marché de gros, censé permettre aux consommateurs de comparer les offres des fournisseurs et de détecter les tarifs abusifs.
Ce prix repère n'est pas ce que vous payez. Mais il reflète fidèlement la tendance du marché, et les fournisseurs — TotalEnergies, Engie, ENI, Eni, Butagaz et les autres — s'en servent comme boussole pour ajuster leurs grilles tarifaires. Quand il monte, les factures suivent, avec quelques semaines de décalage selon les contrats.
Au 1er novembre, la CRE a donc relevé ce prix repère. La hausse n'est pas spectaculaire en valeur absolue, mais elle intervient dans un contexte où l'écart entre le coût du kilowattheure gaz et le coût du kilowattheure électricité s'était déjà considérablement réduit depuis la crise énergétique de 2021-2022.
Pourquoi votre vieille chaudière perd son avantage
L'erreur classique consiste à comparer les prix au kilowattheure sans tenir compte du rendement de l'appareil. Un kilowattheure de gaz coûte moins cher qu'un kilowattheure d'électricité — c'est encore vrai aujourd'hui. Mais une chaudière à condensation récente transforme environ 90 à 105 % de l'énergie du gaz en chaleur utile. Une vieille chaudière à tirage naturel, elle, plafonne souvent à 65 ou 70 % de rendement. Le reste part dans le conduit de fumée.
Un radiateur électrique à inertie ou à chaleur douce, lui, affiche un rendement de 100 % par définition : toute l'énergie consommée devient de la chaleur dans la pièce. Pas de pertes par combustion, pas de déperdition dans les tuyaux.
Le calcul réel du coût de chauffage s'écrit donc ainsi : prix du kWh divisé par le rendement de l'appareil. Avec un gaz à, disons, 0,115 € le kWh et une chaudière à 68 % de rendement, le coût réel par kWh de chaleur produite dépasse 0,16 €. L'électricité au tarif heures creuses, autour de 0,13 à 0,14 € selon les contrats, commence à soutenir la comparaison — et ce, sans compter les frais d'entretien annuel obligatoire de la chaudière, ni l'abonnement gaz.
C'est précisément ce ciseau que le relevé du 1er novembre resserre encore un peu plus.
Ce que cela change concrètement — et ce que cela ne change pas
Pour un logement bien isolé équipé d'une chaudière à condensation récente, le gaz reste probablement plus économique. Le rendement élevé de l'appareil compense encore la différence de prix au kWh. Rien ne presse.
Pour un logement mal isolé avec une chaudière de plus de quinze ans, la donne est différente. L'équation financière se rééquilibre, et d'autres paramètres entrent en jeu : le coût d'un remplacement de chaudière (entre 3 000 et 6 000 € pour une chaudière à condensation posée), le coût d'une pompe à chaleur air-air ou air-eau (plus élevé à l'achat, mais avec des aides MaPrimeRénov' significatives), ou simplement le coût d'un passage progressif à des radiateurs électriques dans les pièces les moins utilisées.
Il ne s'agit pas de tout changer d'un coup. Il s'agit de ne plus raisonner sur des certitudes qui datent d'avant la crise énergétique. Le gaz bon marché et l'électricité hors de prix : c'était le monde d'avant 2021. Le monde d'aujourd'hui est plus nuancé, et il demande un calcul actualisé, propre à chaque logement.
L'écart avec le radiateur électrique s'est resserré au point de ne plus tenir qu'à quelques dixièmes de centime dans les maisons équipées d'une chaudière ancienne.
Quelques repères pour y voir clair
Avant de tirer des conclusions, trois données méritent d'être vérifiées sur votre propre contrat : le prix du kWh gaz que vous payez réellement (pas le prix repère, votre prix contractuel), le rendement estimé de votre chaudière (indiqué dans la notice ou estimable par un chauffagiste lors de la révision annuelle), et votre tarif électricité, en distinguant heures pleines et heures creuses si vous avez souscrit cette option.
Le simulateur de la CRE, disponible sur son site, permet de comparer les offres du marché en temps réel. Le comparateur de l'ADEME intègre, lui, les rendements des équipements. Aucun des deux ne remplace un bilan thermique du logement, mais ils donnent une base honnête pour engager la réflexion.
Ce qui est certain : laisser une vieille chaudière tourner en se disant que "le gaz, c'est toujours moins cher" sans refaire le calcul, c'est raisonner avec des données périmées. L'hiver est le bon moment pour ouvrir la facture et vérifier.
Source : Senioractu.com.
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