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JEUDI 9 JUILLET 2026131
Senior·Closer
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Bien-vivre

Concours Ville amie des aînés 2025 : des projets au service du bien vieillir

À Autun, un projet mêlant générations autour de la laïcité et de la citoyenneté vient d'être récompensé par le Réseau francophone des villes amies des aînés — une distinction qui dit quelque chose de la façon dont certaines communes repensent le lien social.

JEUDI 9 JUILLET 2026·Par agevillage

Une table ronde en bois usé, vue de dessus, sur laquelle reposent côte à côte un carnet d'écolier et un journal plié, dans la lumière oblique d'une salle communale.
Illustration générée par notre rédaction.

Il existe des prix qui valent moins pour leur trophée que pour ce qu'ils révèlent. Celui décerné par le Réseau francophone des villes amies des aînés — le RFVAA — à la ville d'Autun, en Saône-et-Loire, en est un exemple. Ce que cette commune bourguignonne de moins de quinze mille habitants a mis en place n'est pas un programme de loisirs ni un service de portage de repas. C'est un projet civique, mêlant générations autour de deux notions que la France n'a jamais fini de débattre : la laïcité et la citoyenneté.

Ce que "ville amie des aînés" veut vraiment dire

Le label Ville amie des aînés est né d'une initiative de l'Organisation mondiale de la santé, lancée au milieu des années 2000. L'idée de départ est simple dans son énoncé, exigeante dans sa mise en œuvre : adapter l'environnement urbain — bâti, social, culturel — pour que personne ne soit exclu de la vie de la cité du seul fait de son âge. La France a rejoint ce mouvement international, et le RFVAA fédère aujourd'hui plusieurs centaines de collectivités françaises engagées dans cette démarche.

Chaque année, le concours organisé par le réseau distingue des projets locaux. Les critères ne portent pas sur des équipements ou des budgets, mais sur la qualité du lien créé, sur la capacité d'une initiative à transformer réellement quelque chose dans la vie ordinaire des habitants. Ce que le jury cherche, c'est la preuve que l'inclusion n'est pas un slogan.

Autun a visiblement convaincu. Et la nature même de son projet mérite qu'on s'y arrête.

Laïcité et citoyenneté : un pari intergénérationnel

Réunir des jeunes et des adultes plus âgés autour de la laïcité, c'est prendre un risque calculé. Le sujet est vif, parfois clivant, toujours dense. Ce n'est pas le terrain habituel des actions intergénérationnelles, plus souvent cantonnées à la transmission de savoir-faire artisanaux ou à la lecture partagée. Ici, on parle de valeurs fondatrices de la République, de leur histoire, de leur interprétation, de leur place dans la vie quotidienne.

Ce choix dit quelque chose d'une certaine confiance dans la capacité des générations à se parler sérieusement. Ceux qui ont traversé les débats des décennies passées — la loi de 1905, les controverses des années 1980 et 1990 sur l'école et le fait religieux, les tensions plus récentes — apportent une mémoire vécue que les plus jeunes n'ont pas. En retour, les jeunes posent des questions que les plus anciens n'ont parfois plus l'habitude de formuler. Ce type d'échange, quand il fonctionne, est l'une des formes les plus honnêtes de transmission.

On ne sait pas, à partir du seul communiqué disponible, quels formats ont été utilisés — ateliers, débats, créations collectives. Mais le fait que le projet ait été jugé digne d'une distinction nationale suggère qu'il ne s'est pas contenté d'une réunion symbolique. Il a produit quelque chose : une rencontre réelle, un résultat tangible, une trace dans la vie de la commune.

Ce que les villes peuvent encore faire

Le mouvement des villes amies des aînés repose sur un constat têtu : le cadre de vie détermine en grande partie la qualité de la participation sociale. Un trottoir mal entretenu, une salle de réunion inaccessible, un agenda culturel qui ignore une partie de la population — chacun de ces détails envoie un message. Les collectivités qui prennent ce label au sérieux ne se contentent pas d'aménager des bancs supplémentaires. Elles repensent qui est visible, qui est consulté, qui est invité à contribuer.

Autun, avec ce projet, a choisi une voie plus exigeante encore : celle de la délibération commune. Faire de la citoyenneté non pas un thème de conférence mais une pratique partagée entre générations. C'est, au fond, ce que les démocraties locales font de mieux quand elles s'en donnent les moyens.

Le concours RFVAA 2025 distingue plusieurs projets à travers la France. Autun n'est pas seule. Mais son exemple illustre bien ce que peut produire une ambition modeste en apparence — réunir des habitants autour d'une table — lorsqu'elle est portée avec sérieux et sans condescendance envers aucune des générations présentes.

Source : Agevillage.com.

Article original : Lire la suite sur agevillage.com

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