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MERCREDI 17 JUIN 2026127
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Finances·Article 2 sur 4

Cour des comptes : une pension sur neuf est mal calculée et ces retraités récupèrent des milliers d'euros

Le rapport 2026 de la Cour des comptes le dit sans détour : une pension sur neuf liquidée en 2025 contient une erreur de calcul. Pour plus de 106 000 retraités, des sommes parfois considérables attendent d'être réclamées — ou remboursées.

MERCREDI 17 JUIN 2026·Par Fabrice Crozier

Une liasse de feuilles de calcul manuscrites et de relevés de carrière jaunis, posée sur un bureau en bois sombre, frôlée par la lumière oblique d'une fenêtre.
Illustration générée par notre rédaction.

Il ne s'agit pas d'une anomalie marginale. Sur les 956 280 nouvelles pensions attribuées en 2025, plus de 106 000 contenaient une erreur financière — c'est ce que certifie la Cour des comptes dans son rapport publié le 13 mai 2026. Une pension sur neuf. Le chiffre est stable d'une année sur l'autre, ce qui dit quelque chose sur la nature du problème : ce n'est pas un accident, c'est une fragilité structurelle du système de liquidation.

Un système complexe, des erreurs prévisibles

Calculer une retraite en France n'a rien d'une opération simple. Le montant final dépend de dizaines de paramètres : durée de cotisation, salaires de référence, trimestres validés au titre de périodes diverses — chômage, maladie, maternité, service militaire —, régimes multiples pour les carrières mixtes, majorations familiales, minimum contributif. Chaque donnée manquante ou mal reportée dans le dossier peut faire dériver le résultat.

Les caisses de retraite traitent des volumes considérables. La Cnav seule gère plusieurs millions de dossiers actifs. Dans ce contexte industriel, le taux d'erreur constaté par la Cour des comptes — autour de 11 % des nouvelles liquidations — n'est pas une surprise pour les initiés. Ce qui est plus rare, c'est de le voir certifié noir sur blanc dans un document public.

Les erreurs vont dans les deux sens. Certains retraités perçoivent moins que ce à quoi ils ont droit — c'est le cas le plus fréquemment médiatisé, et le plus douloureux. D'autres ont été surpayés, parfois sans le savoir, et s'exposent à une demande de remboursement. La Cour ne précise pas la proportion exacte de chaque cas, mais les deux situations existent et méritent d'être prises au sérieux.

Des centaines, parfois des milliers d'euros en jeu

L'écart entre la pension versée et la pension due peut paraître négligeable sur un mois. Sur une année, il devient visible. Sur dix ans de retraite, il devient significatif. Plusieurs centaines d'euros annuels, dans certains cas plusieurs milliers : ce sont des sommes qui changent concrètement un budget.

Les profils les plus exposés aux erreurs sont ceux dont la carrière a été la plus mouvementée : changements de régime, périodes à l'étranger, emplois à temps partiel successifs, interruptions non déclarées ou mal rattachées. Les carrières longues et linéaires dans un seul régime sont, mécaniquement, moins sujettes aux écarts.

Les majorations pour enfants constituent également une source d'erreur récurrente. Les règles diffèrent selon les régimes et ont évolué dans le temps — ce qui multiplie les occasions de mauvaise application. De même, le minimum contributif, qui garantit un plancher de pension aux assurés ayant cotisé longtemps sur de faibles salaires, est parfois mal appliqué.

Ce que l'on peut faire

La première démarche est de relire son relevé de carrière, accessible sur le portail info-retraite.fr. Ce document récapitule l'ensemble des trimestres validés régime par régime. Une ligne manquante, une période mal créditée : c'est là que tout commence. Il vaut mieux le faire avant la liquidation — les corrections sont plus faciles à obtenir en amont — mais il n'est jamais trop tard après.

Si la pension est déjà versée et qu'un doute subsiste, il est possible de demander à sa caisse de retraite un récapitulatif détaillé du calcul. Ce document, appelé notification de retraite ou relevé de liquidation selon les régimes, détaille les paramètres retenus. En cas d'écart constaté, une réclamation écrite auprès de la caisse concernée est la voie normale. Si elle n'aboutit pas, la commission de recours amiable (CRA) constitue l'étape suivante, avant tout recours contentieux.

Les délais de prescription méritent attention. En matière de retraite, le délai de droit commun pour contester un calcul est de deux ans à compter de la notification — mais des règles spécifiques s'appliquent selon les régimes et la nature de l'erreur. Mieux vaut ne pas laisser traîner.

Sur les 956 280 prestations attribuées en 2025, plus de 106 000 contenaient une erreur financière — soit une pension sur neuf.

Une responsabilité partagée

La Cour des comptes ne se contente pas de comptabiliser les erreurs : elle certifie les comptes des organismes de sécurité sociale et formule des recommandations. Ses rapports annuels ont, au fil des années, pointé les mêmes failles — systèmes informatiques hétérogènes, échanges de données insuffisants entre régimes, délais de traitement qui favorisent les oublis. Les progrès existent, mais ils sont lents.

Pour l'assuré, cela signifie une chose simple : on ne peut pas déléguer entièrement la vérification de sa retraite à l'administration. Pas par méfiance, mais par lucidité. Un dossier bien suivi, des relevés de carrière vérifiés régulièrement, une notification relue attentivement à la liquidation — c'est le minimum pour ne pas laisser dormir de l'argent qui vous appartient, ou pour éviter de devoir en rembourser que vous n'avez pas anticipé.

Source : Senioractu.com.

Article original : Lire la suite sur senioractu.com

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