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Finances·Article 4 sur 4

Retraite à l'étranger : top 10 des pays 2026

Partir vivre ailleurs après une carrière, ce n'est pas fuir — c'est choisir. Quelques pays ont compris que les retraités étrangers représentent une ressource économique, et ont construit leur attractivité en conséquence.

MARDI 28 JUILLET 2026·Par Retraite Plus

Une valise entrouverte sur un carrelage de tomettes, un passeport glissé entre deux billets de banque étrangers et une liasse de documents administratifs froissés, baignés d'une lumière de fin d'après-midi filtrant par des volets mi-clos.
Illustration générée par notre rédaction.

Il y a quelques années encore, s'installer à l'étranger après la vie active relevait d'une décision marginale, presque excentrique. Ce n'est plus le cas. Des dizaines de milliers de retraités français vivent aujourd'hui hors de France — en Europe du Sud, en Asie du Sud-Est, en Amérique latine — non par défaut, mais par calcul lucide et par goût d'une autre façon d'habiter le monde. Les classements annuels qui tentent de hiérarchiser ces destinations ne sont pas de simples listes touristiques : ils reflètent des arbitrages réels entre fiscalité, coût de la vie, système de santé et qualité quotidienne.

Ce que "attractivité" veut dire concrètement

Un pays n'attire pas les retraités étrangers par accident. Il le fait parce qu'il a, consciemment ou non, aligné plusieurs paramètres favorables. Le Portugal en est l'exemple le plus documenté : son régime fiscal pour les résidents non habituels — longtemps très avantageux pour les pensions étrangères — a attiré des milliers d'Européens du Nord et de France pendant une décennie. Ce régime a évolué, durci, mais l'infrastructure qui s'est constituée autour de lui — communautés d'expatriés, services administratifs rodés, offre médicale anglophone — reste. La réputation précède désormais la réalité fiscale.

La Grèce a emprunté une trajectoire similaire, avec un taux forfaitaire de 7 % sur les revenus étrangers pour les nouveaux résidents fiscaux, introduit pour relancer une économie durablement fragilisée. L'Espagne, elle, joue sur d'autres atouts : proximité géographique, liaisons aériennes denses avec la France, régions très différentes les unes des autres — la Costa Blanca n'est pas la Galice, et les Canaries ne sont pas Barcelone.

Plus loin, la Thaïlande occupe une place à part. Le coût de la vie y est structurellement bas pour qui perçoit une pension en euros. Le système de santé privé, dans les grandes villes, est d'un niveau technique sérieux et d'un coût sans commune mesure avec l'Europe. Mais s'y installer suppose d'accepter une distance réelle — familiale, culturelle, administrative — que tous ne mesurent pas avant de partir.

Les critères qui comptent, dans l'ordre où ils comptent

Le climat arrive souvent en tête des motivations déclarées. Il est rarement le facteur déterminant à long terme. Ce qui s'avère structurant, c'est la combinaison de trois éléments : la couverture santé, la fiscalité des pensions, et la stabilité administrative du pays d'accueil.

Sur la santé : un retraité français expatrié perd, dans la plupart des cas, le bénéfice direct de la Sécurité sociale française pour ses soins courants. La caisse des Français de l'étranger (CFE) permet de maintenir une couverture, mais elle a un coût, et elle ne couvre pas tout. Dans l'Union européenne, la carte européenne d'assurance maladie offre une protection temporaire, pas une solution pérenne. Hors UE, la question d'une assurance santé internationale devient centrale — et son coût augmente avec l'âge.

Sur la fiscalité : la France a signé des conventions fiscales bilatérales avec la majorité des pays figurant dans ces classements. Ces conventions déterminent où la pension est imposée — en France ou dans le pays de résidence. La réponse varie selon le type de pension (régime général, fonction publique, complémentaire) et selon le pays. Un fonctionnaire retraité reste généralement imposable en France sur sa pension d'État, même s'il vit à Lisbonne ou à Athènes. Ce point mérite une vérification précise avant tout déménagement.

Sur la stabilité : certaines destinations séduisantes sur le papier présentent des fragilités — instabilité politique, inflation locale, complexité des titres de séjour, accès inégal aux services publics selon les régions. Le Maroc, souvent cité, offre une proximité culturelle et géographique réelle avec la France, mais les démarches administratives peuvent s'avérer longues. Le Panama ou le Costa Rica attirent des profils anglophones, moins de Français.

Partir, oui — mais après avoir posé les bonnes questions

Les classements ont une utilité : ils donnent une carte. Ils ne donnent pas l'itinéraire. Avant de vendre un appartement ou de résilier un bail, quelques étapes s'imposent.

  • Contacter le centre des impôts des non-résidents pour clarifier le traitement fiscal de sa pension dans le pays visé.
  • Vérifier les conditions d'obtention d'un titre de séjour longue durée — certains pays exigent un revenu minimum mensuel prouvé.
  • Passer plusieurs semaines sur place, hors saison touristique, avant de décider.
  • Anticiper le scénario du retour : un problème de santé grave, un deuil familial, une évolution politique peuvent rendre le retour nécessaire.

Ce dernier point est souvent esquivé. Il ne devrait pas l'être. S'installer à l'étranger est une décision réversible — mais le retour a un coût, logistique et psychologique, qu'il vaut mieux avoir envisagé à froid.

Partir n'est pas renoncer à la France. C'est choisir, pour un temps ou pour longtemps, de vivre ailleurs les conditions d'une existence qu'on a décidé de construire autrement.

Les destinations qui reviennent le plus souvent dans les classements 2026 — Portugal, Grèce, Espagne, Thaïlande, Maroc, Malte, Costa Rica, Panama, Mexique, Géorgie — n'ont pas toutes le même profil. Certaines conviennent à qui veut rester dans un cadre européen familier. D'autres supposent un vrai saut culturel. Aucune n'est universellement bonne. Toutes méritent d'être regardées avec précision, pas avec nostalgie ni avec enthousiasme non tempéré.

Source : retraiteplus.fr.

Article original : Lire la suite sur retraiteplus.fr

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