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MERCREDI 4 NOVEMBRE 2026N° 147
Senior·Closer
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Finances·Article 2 sur 4

Cumul emploi-retraite : les décrets sont parus, et si vous partez en 2027 en comptant travailler à la retraite, voici ce que votre caisse retiendra sur votre pension

Les deux décrets encadrant le cumul emploi-retraite sont parus au Journal officiel. Pour ceux qui envisagent de continuer à travailler après leur départ en retraite à partir de 2027, les règles changent — et certaines s'appliquent déjà.

MERCREDI 4 NOVEMBRE 2026·Par Fabrice Crozier

Une liasse de feuillets administratifs posée sur un bureau en bois, froissée sur les bords, traversée par un rai de lumière dorée venant d'une fenêtre hors-champ, un stylo bille usé abandonné en travers.
Illustration générée par notre rédaction.

Travailler après avoir liquidé sa retraite n'a jamais été une marginalité. Des centaines de milliers de personnes en France cumulent pension et activité — par choix, par nécessité, ou par goût d'une transition douce. Jusqu'ici, les règles étaient relativement lisibles. Elles le sont moins depuis que la réforme de 2023 a introduit un mécanisme de plafonnement renforcé, dont les deux décrets d'application viennent de paraître au Journal officiel. Ce qui n'était qu'un projet a désormais force de loi.

Ce que les décrets fixent

Le principe du cumul emploi-retraite existe depuis longtemps. Un retraité peut reprendre une activité salariée ou indépendante et percevoir simultanément sa pension. Mais ce cumul a toujours été encadré : au-delà d'un certain seuil de revenus d'activité, la caisse de retraite peut réduire — voire suspendre — le versement de la pension.

Ce seuil, c'est précisément ce que les décrets viennent de préciser pour les départs à partir de 2027. Le mécanisme retenu est celui d'un écrêtement : si la somme de la pension et des revenus d'activité dépasse un plafond défini, la caisse retient sur la pension la fraction excédentaire. En clair, ce que vous gagnez au-delà du seuil ne s'ajoute pas librement à votre retraite — il vient en réduire le montant, euro pour euro.

Ce plafond est calculé à partir du dernier salaire perçu avant la liquidation des droits, ou d'une référence aux revenus moyens des dernières années d'activité selon les régimes. Les modalités exactes varient selon que l'on relève du régime général, des indépendants ou de la fonction publique — chaque caisse appliquera ses propres paramètres dans le cadre fixé par les décrets.

Pourquoi 2027, et pas avant

La date n'est pas anodine. Elle correspond à l'entrée en vigueur progressive des dispositions les plus contraignantes de la réforme des retraites de 2023. Le législateur a ménagé une période transitoire pour ne pas désorganiser les projets de ceux qui ont déjà planifié leur départ à court terme.

Si vous partez en retraite avant 2027, les anciennes règles s'appliquent encore. Mais si votre départ est prévu pour 2027 ou au-delà — et que vous envisagez de continuer à travailler — les nouveaux plafonds s'imposeront dès la liquidation de vos droits.

Une nuance importante : l'un des volets des décrets ne suit pas ce calendrier. Certaines dispositions sont entrées en vigueur immédiatement à la publication au Journal officiel, sans attendre janvier 2027. La source ne précise pas lesquelles dans l'extrait disponible, mais il est prudent de vérifier auprès de sa caisse si une activité est déjà en cours ou imminente.

Ce que cela change concrètement

Prenons un exemple simplifié. Un retraité perçoit une pension mensuelle de 1 800 euros et reprend une activité lui rapportant 1 200 euros par mois. Si le plafond applicable est fixé à 2 500 euros, la caisse pourra retenir 500 euros sur la pension — ramenant le versement effectif à 1 300 euros. Le revenu total reste plafonné, quelle que soit l'intensité de l'activité reprise.

Ce mécanisme d'écrêtement existait déjà dans certains régimes, notamment pour le cumul dit "plafonné" — par opposition au cumul "intégral" qui s'applique lorsqu'on a liquidé tous ses droits à taux plein. Ce que les décrets font, c'est généraliser et durcir ce plafonnement pour les nouveaux retraités à partir de 2027.

L'impact sera très variable selon les profils. Pour quelqu'un qui reprend une activité modeste — quelques jours par mois de conseil ou d'enseignement — le seuil ne sera probablement pas atteint. Pour ceux qui envisagent une seconde carrière à plein régime, le calcul mérite d'être fait sérieusement avant de liquider les droits.

Anticiper plutôt que subir

La publication des décrets offre enfin une base stable pour planifier. Jusqu'ici, l'incertitude réglementaire rendait difficile toute projection sérieuse. Ce n'est plus le cas.

Plusieurs questions méritent d'être posées à sa caisse de retraite avant tout départ : quel est le plafond applicable à ma situation ? Le cumul intégral m'est-il accessible, et à quelles conditions ? Si je reprends une activité indépendante plutôt que salariée, les règles diffèrent-elles ?

Le cumul emploi-retraite reste possible, et souvent avantageux. Mais il ne s'improvise plus. Les décrets ont tranché : mieux vaut entrer dans ce dispositif avec les yeux ouverts que de découvrir l'écrêtement sur son premier relevé de pension.

Source : Senioractu.com.

Article original : Lire la suite sur senioractu.com ↗

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