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DIMANCHE 27 SEPTEMBRE 2026N° 142
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Finances·Article 2 sur 4

Hausse Agirc-Arrco de 1,2 à 2 % envisagée en novembre : l'accord signé par syndicats et patronat interdit à votre retraite complémentaire de monter plus vite que les salaires

Le virement de novembre approche, et avec lui une question que beaucoup de retraités du privé se posent sans avoir les éléments pour y répondre vraiment : les 2 % annoncés sont-ils garantis, ou peuvent-ils fondre avant d'arriver sur le compte ?

DIMANCHE 27 SEPTEMBRE 2026·Par Fabrice Crozier

Une liasse de relevés de pension posée sur une table en bois clair, légèrement froissée, effleurée par la lumière rasante d'une fenêtre d'automne.
Illustration générée par notre rédaction.

Un chiffre circule depuis plusieurs semaines : 2 %. C'est la revalorisation que les médias associent au prochain versement Agirc-Arrco, attendu en novembre. Mais la décision appartient aux partenaires sociaux, qui devaient se réunir le 14 octobre, et leur propre accord de gouvernance contient une clause qui peut abaisser ce plafond. Comprendre ce mécanisme, c'est comprendre pourquoi rien n'est acquis avant la signature.

Un régime paritaire, pas un régime d'État

L'Agirc-Arrco est le régime de retraite complémentaire obligatoire des salariés du secteur privé. Il couvre environ treize millions de retraités. Contrairement au régime général géré par la Caisse nationale d'assurance vieillesse, il est piloté par les partenaires sociaux — syndicats de salariés et organisations patronales — qui négocient périodiquement les règles de revalorisation. L'État n'y fixe pas les taux : il encadre, mais ne décide pas.

Cette architecture a une conséquence directe : la hausse des pensions complémentaires n'est pas indexée automatiquement sur l'inflation, contrairement à la pension de base. Elle résulte d'une négociation, encadrée par un accord pluriannuel. Le dernier en date, signé en 2023, court jusqu'en 2026 et pose les règles du jeu pour chaque revalorisation annuelle.

La clause qui change tout

Cet accord contient un garde-fou que ses signataires présentaient alors comme une mesure de prudence financière : la revalorisation du point Agirc-Arrco ne peut pas dépasser l'évolution du salaire moyen par tête, un indicateur calculé par l'INSEE qui mesure la progression des rémunérations dans l'économie. L'idée est d'éviter que les pensions complémentaires progressent plus vite que les cotisations qui les alimentent — ce qui creuserait mécaniquement les réserves du régime.

Or ce salaire moyen par tête pour 2025 n'est pas encore arrêté définitivement au moment où les administrateurs se réunissent. Les projections disponibles en septembre pointaient vers une fourchette basse, susceptible de plafonner la hausse à 1,2 % plutôt qu'à 2 %. La décision du 14 octobre devait donc trancher entre ces deux bornes, en fonction des dernières données disponibles.

L'accord signé par syndicats et patronat interdit à votre retraite complémentaire de monter plus vite que les salaires.

Ce n'est pas une surprise de dernière minute : le mécanisme était inscrit noir sur blanc dans le texte de 2023. Mais il est passé inaperçu dans la communication publique, qui a largement relayé le chiffre de 2 % comme s'il était acquis.

Une année blanche dans le dos

Le contexte rend l'enjeu plus sensible. En 2024, il n'y a eu aucune revalorisation du point Agirc-Arrco. Zéro. Cette décision, également issue de la négociation paritaire, avait été justifiée par la bonne santé financière du régime — ses réserves dépassent largement une année de prestations — et par la volonté de ne pas anticiper une inflation qui semblait se stabiliser. Elle a néanmoins pesé sur le pouvoir d'achat des retraités du privé pendant douze mois, alors que les prix continuaient de progresser, même modérément.

Une hausse de 1,2 % après une année à 0 %, dans un contexte où l'inflation cumulée sur deux ans dépasse ce niveau, signifie en termes réels un recul du pouvoir d'achat. Ce n'est pas une catastrophe comptable pour le régime, mais c'est une réalité concrète pour ceux qui vivent de ces versements.

Ce que cela change dans la pratique

La différence entre 1,2 % et 2 % peut sembler abstraite. Elle ne l'est pas pour une pension complémentaire de 800 euros mensuels : l'écart représente environ 6 euros par mois, soit plus de 70 euros sur l'année. Pour des pensions plus élevées, l'écart monte proportionnellement. Et comme la revalorisation s'applique au stock — c'est-à-dire à toutes les pensions en cours, pas seulement aux nouvelles liquidations —, son effet est immédiat et permanent.

La date de versement, elle, ne change pas : les retraités Agirc-Arrco perçoivent leur pension complémentaire le premier jour ouvré du mois, et la revalorisation s'applique sur le versement de novembre, quel que soit le taux retenu.

Ce que cet épisode rappelle, c'est la nature profondément négociée du régime. Ses administrateurs ont les mains liées par un accord qu'ils ont eux-mêmes signé — ce qui est la définition même d'un contrat social. Mais cela signifie aussi que les marges de manœuvre, en cas de retournement économique, sont étroites. Et que les retraités du privé ont intérêt à suivre ces négociations avec la même attention qu'ils accordaient autrefois aux revalorisations salariales.

Source : Senioractu.

Article original : Lire la suite sur senioractu.com ↗

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