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LUNDI 7 SEPTEMBRE 2026139
Senior·Closer
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Bien-vivre·Article 1 sur 4

On croyait les transports gratuits à Nice réservés aux non-imposables : les 65 ans et plus y ont désormais droit et leur carte d'abonnement ne coûte que 17 euros

Depuis le 1er septembre, les transports en commun de la métropole niçoise sont gratuits pour toute personne de 65 ans et plus — sans condition de ressources. Une avancée réelle, à condition de faire les démarches.

LUNDI 7 SEPTEMBRE 2026·Par Fabrice Crozier

Une carte de transport plastifiée posée sur le rebord d'une fenêtre ensoleillée, derrière laquelle on devine le flou d'un tramway bleu glissant le long d'une avenue méditerranéenne.
Illustration générée par notre rédaction.

Pendant des années, la gratuité des transports niçois fonctionnait à la manière d'un privilège discret : réservée aux non-imposables, elle excluait de fait une large part des retraités — ceux dont la pension dépasse à peine le seuil d'imposition, sans pour autant leur laisser beaucoup de marge. Depuis le 1er septembre, la Métropole Nice Côte d'Azur a tranché différemment : 65 ans et plus, c'est suffisant. Le montant de la pension ne compte plus.

Ce qui a changé le 1er septembre

Avant cette date, la gratuité existait déjà sur le réseau Lignes d'Azur — trams, bus urbains, navettes — mais elle était soumise à une condition de non-imposition. Autrement dit, elle s'adressait aux revenus les plus modestes et laissait de côté quiconque payait, même symboliquement, l'impôt sur le revenu.

La nouvelle règle supprime ce critère. Toute personne résidant dans la métropole et ayant atteint 65 ans peut désormais circuler gratuitement sur l'ensemble du réseau. Tram, bus, navettes maritimes comprises dans l'offre urbaine : le périmètre est large.

Ce n'est pas une première en France. Dunkerque a ouvert la voie à la gratuité totale dès 2018, toutes tranches d'âge confondues. Montpellier, Calais, plusieurs agglomérations moyennes ont suivi des logiques proches. Nice fait un pas comparable, mais ciblé sur une tranche d'âge — ce qui en dit autant sur les arbitrages budgétaires que sur les intentions politiques.

La carte à 17 euros : une formalité, pas une évidence

La gratuité ne s'applique pas automatiquement. Elle suppose d'obtenir une carte nominative auprès de la régie Lignes d'Azur — la Carte Senior — dont le coût annuel est fixé à 17 euros. Ce montant couvre les frais de gestion et de fabrication du support. Il ne s'agit pas d'un abonnement au sens tarifaire : on ne paie pas les trajets, on paie le droit d'accéder à la gratuité.

La démarche implique de se rendre dans une agence Lignes d'Azur ou de passer par le portail en ligne de la métropole, muni d'un justificatif d'identité, d'un justificatif de domicile et d'une photo. Rien d'insurmontable, mais rien non plus qui se règle sans y penser. La carte ne tombe pas dans la boîte aux lettres.

C'est un point qui mérite d'être dit clairement : le non-recours aux droits sociaux et aux avantages locaux est un phénomène massif et documenté en France. Des études menées par la DREES et diverses caisses de retraite montrent régulièrement que des dizaines de milliers de personnes n'activent pas des avantages auxquels elles ont pourtant droit — par méconnaissance, par complexité perçue, parfois par fierté mal placée. Informer son entourage de cette nouveauté niçoise n'est pas superflu.

Ce que cela représente concrètement

Un carnet de dix tickets sur le réseau Lignes d'Azur coûte autour de quinze euros. Un abonnement mensuel toutes lignes tourne autour de cinquante euros. Pour quelqu'un qui prend les transports plusieurs fois par semaine — courses, rendez-vous médicaux, sorties culturelles — l'économie annuelle dépasse rapidement plusieurs centaines d'euros.

Au-delà du calcul financier, la gratuité des transports a des effets documentés sur la mobilité des personnes qui ne conduisent plus ou qui ont choisi de ne plus conduire. Moins de dépendance à la voiture, plus de sorties spontanées, maintien du lien social : les études menées dans les villes pionnières pointent ces bénéfices de manière convergente.

Nice n'est pas une ville facile à parcourir à pied sur de longues distances — le relief, la chaleur estivale, l'étalement de certains quartiers rendent les transports en commun particulièrement utiles. La décision de la métropole s'inscrit dans ce contexte géographique autant que dans une logique sociale.

Et ailleurs en France ?

La situation varie considérablement d'une agglomération à l'autre. Certaines villes pratiquent la gratuité totale sans condition d'âge. D'autres maintiennent des tarifs réduits pour les retraités, sans aller jusqu'à la gratuité. Beaucoup conditionnent encore les avantages aux ressources.

Il n'existe pas, à ce jour, de politique nationale unifiée sur le sujet. Les autorités organisatrices de transport — régions, métropoles, communautés d'agglomération — restent libres de leurs choix tarifaires. Ce morcellement signifie qu'un avantage acquis dans une ville peut ne pas exister dans la suivante, et qu'il vaut toujours la peine de vérifier auprès de sa régie locale ce à quoi on a droit.

Pour les résidents de la Métropole Nice Côte d'Azur, la question est désormais tranchée. Il reste à faire la carte.

Source : Senioractu.com.

Article original : Lire la suite sur senioractu.com

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