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DIMANCHE 6 SEPTEMBRE 2026139
Senior·Closer
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Bien-vivre·Article 2 sur 4

On croyait qu'il fallait 10 000 pas par jour après 60 ans : des chercheurs ont mesuré 14 pas de plus par minute sur votre marche quotidienne

Le compteur de pas mesure un volume. Il ne mesure pas une intensité. Une étude de l'université de Chicago vient de montrer que l'écart entre marcher et bien marcher tient à quatorze pas de plus par minute.

DIMANCHE 6 SEPTEMBRE 2026·Par Fabrice Crozier

Une paire de chaussures de ville légèrement usées posée sur un parquet en bois clair, photographiée en plongée douce, la lumière du matin rasant le sol depuis une fenêtre hors champ.
Illustration générée par notre rédaction.

Le chiffre 10 000 a la solidité d'un mythe bien ancré — et à peu près la même origine. Il naît non pas d'une étude clinique, mais d'une campagne marketing japonaise des années 1960, lancée autour d'un podomètre baptisé Manpo-kei, soit littéralement « compteur de dix mille pas ». La montre connectée a hérité du slogan. Des décennies plus tard, des chercheurs de l'université de Chicago ont décidé de mesurer ce qui se passe réellement quand on marche — non pas combien, mais comment.

Ce que le podomètre ne voit pas

Pendant quatre mois, une centaine de personnes de plus de soixante ans ont porté des capteurs d'activité enregistrant non seulement le nombre de pas, mais leur cadence — c'est-à-dire le nombre de pas par minute. Les chercheurs ont ensuite croisé ces données avec des marqueurs de santé cardiovasculaire et métabolique. Le résultat est d'une précision désarmante : les participants qui marchaient à une cadence supérieure d'environ quatorze pas par minute à leur rythme habituel présentaient des indicateurs sensiblement meilleurs. Pas quatorze pas de plus dans la journée. Quatorze pas de plus par minute.

La nuance est considérable. Elle signifie que la durée de la marche n'est pas en cause. Celui qui fait ses trente minutes matinales n'a rien à changer à son agenda. Il a simplement à accélérer légèrement le tempo — l'équivalent de passer d'une déambulation tranquille à une allure où la conversation reste possible, mais demande un léger effort.

La cadence plutôt que le comptage

En physiologie de l'effort, cette distinction entre volume et intensité n'est pas nouvelle. Les cardiologues et les kinésithérapeutes travaillent depuis longtemps avec la notion de fréquence cardiaque cible, ou avec l'échelle de Borg qui mesure la perception de l'effort. Ce que cette étude apporte, c'est une traduction concrète et immédiatement applicable : une cadence de marche autour de cent pas par minute — certaines études antérieures situent le seuil d'intensité modérée entre cent et cent vingt pas par minute — semble suffire à produire des effets mesurables sur la santé.

Pour s'en faire une idée sans montre ni application : c'est approximativement le tempo d'une chanson pop standard, ou la cadence à laquelle on marche quand on est légèrement en retard à un rendez-vous, sans courir. Rien d'athlétique. Rien qui nécessite une tenue spéciale ni une préparation particulière.

Le total de pas affiché le soir ne dit rien du rythme auquel vous avez marché.

Pourquoi l'intensité compte davantage avec l'âge

Avec les années, la capacité aérobie — la VO2 max, soit l'aptitude de l'organisme à utiliser l'oxygène à l'effort — décline naturellement. Ce déclin n'est pas une fatalité absolue : il ralentit significativement chez ceux qui maintiennent une activité d'intensité modérée à soutenue. Une marche lente, même longue, sollicite peu ce système. Une marche à cadence franche, même courte, l'entretient.

C'est là que le dogme des dix mille pas montre ses limites. Il encourage à bouger, ce qui est déjà bien. Mais il peut aussi conduire à se satisfaire d'une longue promenade nonchalante en croyant avoir « fait sa dose ». L'étude de Chicago suggère qu'il vaut mieux une demi-heure à cent dix pas par minute qu'une heure à soixante-dix.

Les implications pratiques sont simples. Lors d'une marche habituelle, choisir délibérément d'accélérer pendant dix ou quinze minutes — dans une côte, sur un tronçon dégagé, au moment où l'on se sent bien — suffit à franchir ce seuil. Certaines montres connectées affichent désormais la cadence en temps réel ; les applications de marche les plus récentes aussi. Mais un simple chronomètre mental fait l'affaire : si l'on compte ses pas sur quinze secondes et que l'on obtient vingt-cinq ou plus, on est dans la bonne fourchette.

Remettre le corps dans la boucle

Ce que cette recherche remet en question, c'est moins un chiffre qu'une façon de penser l'activité physique comme une case à cocher. Dix mille pas, trente minutes, cinq fruits et légumes — les recommandations de santé publique ont l'avantage de la simplicité et l'inconvénient de l'abstraction. Elles font oublier que le corps répond à des stimuli, pas à des totaux.

Marcher vite — pas longtemps, pas loin, juste vite — réveille le système cardiovasculaire, sollicite les muscles posturaux, améliore l'équilibre dynamique et, selon plusieurs études parallèles, agit favorablement sur la cognition. Le cerveau irrigué à meilleur débit pense plus clairement. Ce n'est pas une promesse de jouvence. C'est de la physiologie élémentaire.

Quatorze pas de plus par minute. C'est peu. C'est mesurable. Et c'est, pour une fois, un résultat de recherche qui ne demande ni abonnement, ni équipement, ni réorganisation de son emploi du temps.

Source : SeniorActu.

Article original : Lire la suite sur senioractu.com

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