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MERCREDI 23 SEPTEMBRE 2026141
Senior·Closer
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Finances·Article 4 sur 4

Retraités en couple, chacun sous 2 034 euros : le gel des pensions vous épargne, mais l'abattement plafonné à 3 000 euros vous coûterait jusqu'à 230 euros

Deux mesures annoncées le même jour, deux logiques de calcul opposées : l'une regarde chaque pension individuellement, l'autre scrute le foyer dans son ensemble. Pour les couples de retraités, la différence n'est pas anodine.

MERCREDI 23 SEPTEMBRE 2026·Par Fabrice Crozier

Une table de cuisine en bois usé, deux tasses de café encore fumantes côte à côte, et entre elles une feuille couverte de chiffres manuscrits, éclairée par la lumière rasante d'une fenêtre matinale.
Illustration générée par notre rédaction.

Deux annonces, un même samedi, et une confusion qui s'est installée aussitôt. Le gel des pensions de base et le plafonnement de l'abattement fiscal sur les revenus de remplacement sont deux instruments distincts, qui obéissent à des règles de calcul différentes — et qui peuvent, pour un même couple, produire des effets inverses. L'un vous épargne, l'autre vous atteint. Comprendre pourquoi suppose de regarder la mécanique de chacun.

Le gel des pensions : une logique individuelle

Le gel des pensions de base, tel qu'il est envisagé dans les pistes budgétaires pour 2027, s'appliquerait retraité par retraité. Le seuil évoqué tourne autour de 2 034 euros bruts mensuels : en dessous, la pension serait revalorisée normalement ; au-dessus, elle resterait bloquée. C'est le montant perçu par chaque individu qui détermine de quel côté de la ligne on se trouve.

Pour un couple dont chacun des deux membres touche, disons, 1 800 euros par mois, les deux pensions seraient revalorisées. Le total du foyer atteint pourtant 3 600 euros — un niveau que beaucoup associeraient spontanément à une retraite confortable. Peu importe : la mesure ne regarde pas le ménage, elle regarde la personne. C'est une approche cohérente avec la logique contributive du système français, où la retraite est un droit individuel acquis par les cotisations de chacun.

Ce choix de périmètre n'est pas anodin. Il protège les couples dont les deux membres ont eu des carrières complètes à revenus modestes ou moyens, même si leur niveau de vie commun est relativement aisé. Il cible en revanche les retraités isolés dont la pension unique dépasse le seuil.

L'abattement fiscal : une logique de foyer

L'abattement de 10 % applicable aux pensions et rentes — un avantage fiscal hérité du traitement des salaires, maintenu depuis des décennies pour les revenus de remplacement — est calculé, lui, à l'échelle du foyer fiscal. Aujourd'hui, il est plafonné à environ 4 123 euros par foyer. La piste budgétaire envisagerait d'abaisser ce plafond à 3 000 euros.

Pour un couple déclarant ses revenus conjointement, c'est la somme des deux pensions qui entre dans le calcul. Si les deux membres perçoivent chacun moins de 2 034 euros — et échappent donc au gel — leur total peut très bien dépasser le seuil à partir duquel le nouveau plafond d'abattement mord. Le gain fiscal dont ils bénéficiaient jusqu'ici se réduirait, et leur impôt sur le revenu augmenterait en conséquence.

Le chiffre avancé : jusqu'à 230 euros de pression fiscale supplémentaire par an pour les foyers concernés. Ce n'est pas une somme négligeable sur un budget fixe, même si elle reste modérée comparée à d'autres ajustements fiscaux. L'effet est d'autant plus mal vécu qu'il touche des ménages qui se croyaient, à juste titre, sous le radar de la première mesure.

Deux mesures, deux angles morts

Ce qui rend la situation inconfortable, c'est précisément l'effet de ciseaux. Un couple de retraités modestes — chacun sous le seuil individuel de 2 034 euros — peut se retrouver exempté du gel tout en étant frappé par le rabot fiscal. Les deux mesures ne se compensent pas : elles s'appliquent à des assiettes différentes, selon des règles différentes, et peuvent donc se cumuler dans un sens comme dans l'autre.

La confusion dans les titres de presse est compréhensible : les deux annonces sont sorties le même jour, elles visent la même population en apparence, et elles participent du même effort budgétaire. Mais les amalgamer revient à mal évaluer son propre risque. Un retraité seul avec une pension de 2 200 euros est touché par le gel, pas nécessairement par le plafonnement de l'abattement. Un couple dont chacun perçoit 1 900 euros échappe au gel mais peut être atteint par la mesure fiscale.

Ces arbitrages budgétaires ne sont pas encore définitivement arrêtés — ils circulent sous forme de pistes, et le processus parlementaire peut les amender, les supprimer ou les durcir. Mais la direction est posée, et elle mérite d'être lue avec précision plutôt que résumée en une seule manchette.

Deux mesures qui ne comptent pas pareil : l'une regarde l'individu, l'autre regarde le foyer. Confondre les deux, c'est se tromper de calcul.

Ce que cela implique concrètement : vérifier son avis d'imposition, identifier le montant de l'abattement dont on bénéficie aujourd'hui, et estimer ce que représenterait un plafond abaissé à 3 000 euros pour son foyer. L'exercice prend dix minutes et évite les mauvaises surprises au moment de la déclaration de revenus.

Source : senioractu.com.

Article original : Lire la suite sur senioractu.com

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