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LUNDI 28 SEPTEMBRE 2026N° 142
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Finances·Article 3 sur 4

Retraités, vous payez 6,6 % de CSG sur votre pension : dans l'étude de l'IPP, c'est vous qui perdriez le plus si ce taux montait à celui des salariés

Une étude de l'Institut des politiques publiques compare trois scénarios de prélèvement sur les retraites dans le budget 2027. Celui qui pénaliserait le plus n'est pas celui qu'on attendait.

LUNDI 28 SEPTEMBRE 2026·Par Fabrice Crozier

Une liasse de relevés de pension annotés au stylo-bille bleu, posée sur une table en chêne clair, éclairée en lumière rasante de fin d'après-midi.
Illustration générée par notre rédaction.

Il y a des lignes sur un bulletin de pension qu'on finit par ne plus lire. La CSG en fait partie — prélevée à la source, silencieuse, intégrée depuis si longtemps dans le calcul mental du "net" qu'elle a presque disparu du paysage. Pourtant, c'est précisément cette ligne, celle qui affiche 6,6 %, qui se retrouve au cœur d'un débat budgétaire dont les arbitrages pourraient peser lourd dès 2027. Une étude publiée par l'Institut des politiques publiques (IPP) ausculte trois pistes envisagées pour faire contribuer davantage les retraités au redressement des finances publiques. Et son enseignement principal est contre-intuitif : dans le scénario le plus discuté, ce ne sont ni les pensions les plus basses ni les plus élevées qui encaisseraient le choc le plus fort. Ce sont celles du milieu — les vôtres, peut-être.

Trois taux, trois logiques

Pour comprendre l'enjeu, un rappel s'impose. La CSG sur les pensions de retraite n'est pas uniforme. Elle se décline en quatre niveaux selon le revenu fiscal de référence du foyer : une exonération totale pour les plus modestes, un taux réduit à 3,8 %, un taux médian à 6,6 %, et un taux plein à 8,3 % — ce dernier étant celui qui s'applique aux salaires. L'écart entre 6,6 % et 8,3 % représente donc un avantage structurel accordé à une large fraction des retraités par rapport aux actifs qui cotisent sur leurs revenus du travail.

C'est cet écart que certains économistes et responsables politiques jugent difficile à défendre dans un contexte de déficit persistant. L'argument est arithmétique autant que symbolique : pourquoi un euro de pension serait-il moins sollicité qu'un euro de salaire ? La question n'est pas nouvelle — elle avait déjà agité le débat lors de la réforme de 2018, quand une hausse de CSG avait été partiellement compensée par la suppression de la cotisation maladie pour les actifs, laissant les retraités sans contrepartie équivalente et provoquant une fronde mémorable.

Le piège du taux médian

L'étude de l'IPP examine trois scénarios distincts. Le premier consiste à aligner le taux de 6,6 % sur celui des salariés, soit 8,3 %. Le deuxième joue sur le périmètre des exonérations et du taux réduit, en relevant les seuils d'entrée dans chaque tranche. Le troisième combine les deux leviers.

Le résultat le plus frappant concerne le premier scénario — l'alignement pur et simple sur le taux salarial. Mécaniquement, il épargne les foyers exonérés ou au taux de 3,8 %, et il pèse relativement moins sur les pensions très élevées, déjà soumises au taux de 8,3 %. C'est la tranche intermédiaire, celle du 6,6 %, qui absorbe l'intégralité de la hausse. Or cette tranche est loin d'être marginale : elle regroupe une part très significative des retraités, ceux dont les pensions se situent dans une fourchette moyenne à confortable — ni bénéficiaires du minimum vieillesse, ni titulaires de pensions de cadres supérieurs.

En termes de pouvoir d'achat, le passage de 6,6 % à 8,3 % représente un prélèvement supplémentaire de 1,7 point sur la pension brute. Sur une pension mensuelle de 1 800 euros, cela représente environ 30 euros de moins chaque mois, soit 360 euros par an. Ce n'est pas une somme abstraite : c'est un abonnement, un week-end, une partie des charges courantes.

Ce que le débat ne dit pas toujours

La CSG est une contribution sociale généralisée, pas un impôt sur le revenu. Elle ne tient pas compte des charges de famille, des situations de dépendance, des dépenses de santé qui s'alourdissent avec l'âge. Elle s'applique sur le brut avant abattements. Et contrairement à l'impôt sur le revenu, elle n'est pas progressive à l'intérieur de chaque tranche — on bascule d'un taux à l'autre selon un seuil de revenu fiscal de référence, ce qui peut créer des effets de bord brutaux pour les foyers situés juste au-dessus d'un palier.

L'IPP souligne également que toute réforme de la CSG sur les retraites interagit avec d'autres paramètres : la déductibilité partielle de la CSG sur le revenu imposable, les règles de revalorisation des pensions, et les éventuelles compensations que le législateur pourrait ou non prévoir. Un relèvement brut du taux sans mesure d'accompagnement produirait des effets très différents d'une réforme intégrée dans un ensemble cohérent.

Le calendrier budgétaire 2027 reste ouvert. Aucune décision n'est arrêtée. Mais le fait que des économistes indépendants modélisent publiquement ces scénarios signale que le sujet a quitté le registre de la spéculation pour entrer dans celui de la préparation. Regarder cette ligne sur votre relevé de pension — celle que vous ne lisiez plus — redevient, dans ce contexte, un geste utile.

Source : Senioractu.com.

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