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Super-app AMI : trois réflexes à prendre avant octobre pour ne pas rester bloqué devant l'écran
En octobre 2026, l'État lance AMI, une application unique censée regrouper toutes les démarches administratives. Autant s'y préparer maintenant — avant que la date limite ne transforme une bonne intention en panique numérique.
JEUDI 16 JUILLET 2026·Par Fabrice Crozier
Une seule application pour déclarer ses impôts, changer son adresse sur sa carte grise, donner procuration à un proche ou renouveler ses papiers d'identité. L'État français prépare AMI — Application Mobile Interministérielle — pour un lancement annoncé en octobre 2026. Le projet est piloté conjointement par la Dinum (Direction interministérielle du numérique) et la Dila (Direction de l'information légale et administrative, qui gère notamment service-public.fr). L'ambition est réelle. La préparation, elle, ne peut pas attendre octobre.
Ce que promet AMI — et ce qu'elle suppose
Le principe d'AMI repose sur un identifiant unique : France Connect, déjà utilisé pour accéder à l'espace fiscal, à Ameli ou à Mon Compte Formation. L'application centraliserait l'ensemble des démarches aujourd'hui dispersées entre une dizaine de portails distincts. Plus besoin de retenir quelle adresse mène à quel service, ni de ressaisir ses coordonnées à chaque formulaire.
Sur le papier, c'est une simplification bienvenue. Dans les faits, elle suppose que l'utilisateur maîtrise déjà plusieurs couches techniques : posséder un smartphone compatible, savoir installer une application, disposer d'une adresse e-mail active, et avoir activé son compte France Connect. Chacune de ces étapes est banale pour qui les pratique. Pour qui ne les a jamais franchies, elles forment un mur.
Les chiffres publiés par l'Agence nationale de la cohésion des territoires sont éloquents : environ 55 % des Français âgés de 60 à 74 ans déclarent ne pas pouvoir mener seuls une démarche administrative en ligne jusqu'à son terme. Ce n'est pas une question d'intelligence — c'est une question d'exposition et d'entraînement. Les interfaces changent, les mots de passe s'accumulent, les mises à jour déplacent les boutons. Même des utilisateurs aguerris se retrouvent parfois bloqués.
Trois réflexes à prendre avant l'automne
La bonne nouvelle : les obstacles sont identifiables, et on peut les lever maintenant, sans attendre qu'AMI soit disponible.
Activer ou consolider son compte France Connect. C'est la clé de voûte du système. France Connect permet de s'authentifier sur la plupart des services publics en ligne à partir d'un seul identifiant — celui de l'Assurance maladie, des impôts ou de La Poste, selon ce qu'on possède déjà. Si vous n'avez jamais utilisé ce dispositif, le moment est bien choisi pour le tester sur un service que vous connaissez, comme impots.gouv.fr ou ameli.fr. Cela prend moins de dix minutes et lève la principale inconnue.
Vérifier que son adresse e-mail est opérationnelle. Cela semble évident — et pourtant. Beaucoup d'adresses créées il y a cinq ou dix ans sont devenues inaccessibles : mot de passe oublié, fournisseur disparu, boîte saturée. Or toutes les procédures de récupération de compte, de confirmation d'identité ou d'alerte administrative passent par l'e-mail. Une adresse active, consultée régulièrement, est un prérequis non négociable.
S'assurer que son smartphone peut accueillir de nouvelles applications. AMI sera une application à télécharger — vraisemblablement sur l'App Store d'Apple et le Play Store de Google. Les appareils trop anciens ne sont parfois plus compatibles avec les systèmes d'exploitation récents. Il vaut mieux le savoir maintenant. Si votre téléphone date de plus de cinq ou six ans, vérifiez qu'il tourne bien sur iOS 16 ou Android 10 au minimum — les seuils habituellement requis pour les applications gouvernementales récentes.
La question de l'accompagnement
L'État a conscience du risque d'exclusion. Les Espaces France Services — présents dans la plupart des communes de moins de vingt mille habitants, dans les mairies, les maisons de quartier ou les médiathèques — proposent un accompagnement gratuit aux démarches numériques. Des agents formés peuvent aider à créer un compte, récupérer un mot de passe, ou simplement expliquer à quoi sert tel ou tel service. Il en existe aujourd'hui plus de deux mille cinq cents sur le territoire.
Ces espaces sont peu fréquentés par ceux qui en auraient le plus besoin — souvent parce qu'on ne sait pas qu'ils existent, ou parce qu'on hésite à demander de l'aide pour quelque chose qu'on juge "simple". Ce n'est pas une honte d'ignorer ce qu'on n'a pas eu l'occasion d'apprendre. C'est simplement une lacune à combler avant qu'elle devienne un problème.
La dématérialisation ne simplifie que pour ceux qui sont déjà dans le système. Pour les autres, elle déplace le guichet sans supprimer la file d'attente.
AMI n'est pas encore disponible. Son périmètre exact — quelles démarches, dans quel ordre, avec quelles fonctionnalités au lancement — n'est pas encore arrêté publiquement. Ce qui est certain, c'est que l'application s'appuiera sur des briques existantes : France Connect, FranceConnect+, les espaces personnels déjà ouverts sur les portails ministériels. Autrement dit, tout ce qu'on met en ordre aujourd'hui sera directement réutilisable demain.
Prendre ces réflexes maintenant, c'est transformer une échéance administrative en simple mise à jour — plutôt qu'en course contre la montre devant un écran qui ne répond pas.
Source : senioractu.com.
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