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Un congé parental pris en 1996, un trimestre inscrit au relevé, une surcote parentale : la voie que les pères oublient
La surcote parentale n'est pas réservée aux mères. Les pères qui ont pris un congé parental — même bref, même en 1996 — peuvent y prétendre, à condition que leur relevé de carrière en porte la trace.
LUNDI 27 JUILLET 2026·Par Fabrice Crozier
Il y a des droits qui dorment dans un dossier sans que personne ne les réveille. La surcote parentale en est un exemple presque parfait : perçue comme un mécanisme conçu pour compenser les interruptions de carrière des mères, elle est rarement mentionnée aux hommes lors d'un entretien de départ en retraite. Pourtant, la loi ne fait pas cette distinction. Un père ayant pris un congé parental — fût-il d'un mois, en 1996, dans une entreprise qui n'en accordait guère — peut y prétendre. La condition tient en une ligne du relevé de carrière individuel.
Ce que la surcote parentale change concrètement
La surcote est le mécanisme inverse de la décote. Là où la décote pénalise une carrière incomplète, la surcote récompense les trimestres cotisés au-delà du nombre requis pour une retraite à taux plein. Chaque trimestre supplémentaire accompli après l'âge légal et après avoir atteint la durée d'assurance requise majore la pension de 1,25 %.
La surcote parentale, introduite dans le cadre des réformes successives du système de retraite, ajoute une couche à ce mécanisme. Elle permet, sous certaines conditions liées à la parentalité, de bénéficier d'une majoration de pension même sans avoir prolongé son activité au-delà de l'âge légal. C'est là que réside toute sa valeur pour les assurés qui ont eu des enfants et qui ont, à un moment ou un autre, interrompu ou réduit leur activité professionnelle pour s'en occuper.
Le montant n'est pas anecdotique. Sur une pension de 1 800 euros bruts mensuels, quelques trimestres de surcote représentent plusieurs dizaines d'euros par mois — et donc plusieurs centaines d'euros par an, versés à vie.
Un seul trimestre suffit — mais encore faut-il qu'il soit inscrit
C'est ici que le dispositif accroche pour les pères. Le droit à la surcote parentale ne requiert pas d'avoir élevé seul trois enfants ni d'avoir interrompu sa carrière pendant plusieurs années. Un trimestre de majoration pour enfant suffit, quel qu'en soit l'origine : majoration pour naissance, pour adoption, ou trimestre issu d'un congé parental effectivement pris et validé.
Or les hommes qui ont pris un congé parental dans les années 1990 — époque où ce choix était rare et parfois mal vu — n'ont souvent jamais vérifié que ce congé avait bien été reporté sur leur relevé de carrière. Les employeurs de l'époque n'étaient pas tous rompus aux déclarations correspondantes. Les caisses de retraite, de leur côté, n'ont pas vocation à relancer les assurés pour leur signaler un droit potentiel.
Le relevé de situation individuelle, accessible en ligne sur le site de l'Assurance retraite ou via le portail Info Retraite, est le document de référence. Chaque trimestre y est listé avec sa nature. Un trimestre dit "enfant" — qu'il provienne d'une majoration automatique ou d'un congé parental déclaré — est la clé d'entrée du dispositif.
Les hommes nés entre 1960 et 1968 : une génération à vérifier
Les pères nés au milieu des années 1960 arrivent aujourd'hui à l'âge charnière. Certains ont déjà liquidé leur retraite sans avoir posé la question. D'autres approchent de l'échéance et peuvent encore agir.
Pour ceux dont le congé parental remonte aux années 1990, deux situations se présentent. Soit le trimestre figure déjà au relevé — auquel cas il convient simplement de vérifier que la caisse en tient compte dans le calcul de la surcote. Soit il n'y figure pas, et il est alors possible d'engager une démarche de régularisation auprès de la caisse compétente, en produisant les justificatifs de l'époque : bulletins de salaire mentionnant la suspension du contrat, attestation employeur, ou tout document établissant la réalité du congé.
Cette démarche n'est pas garantie d'aboutir, et les délais peuvent être longs. Mais elle ne coûte rien à tenter, et les sommes en jeu sur la durée d'une retraite justifient largement l'effort administratif.
Un angle mort du conseil en retraite
Le problème de fond est structurel. Le conseil en retraite — qu'il vienne d'un conseiller de caisse, d'un expert-comptable ou d'un conseiller en gestion de patrimoine — s'est longtemps organisé autour de schémas de carrière masculins continus, sans interruption parentale. La surcote parentale, pensée initialement pour corriger les effets des maternités sur les pensions féminines, n'a pas toujours été intégrée dans les grilles d'analyse appliquées aux hommes.
Les réformes récentes ont élargi le dispositif sans en faire une grande publicité. Il appartient donc à chaque assuré — homme ou femme — de prendre l'initiative de vérifier son relevé ligne à ligne, avant la liquidation, et non après.
Un trimestre de majoration suffit, quel qu'il soit. C'est la condition, et elle est souvent déjà remplie sans que son titulaire le sache.
Vérifier son relevé de carrière ne prend pas une heure. Ne pas le faire peut coûter plusieurs années de pension sous-estimée.
Source : Senioractu.
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