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MARDI 8 SEPTEMBRE 2026139
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Santé·Article 1 sur 4

Votre Votre ALD payait le Spasfon : son remboursement tombe à 15 % le 1er octobre, vers 5 % en 2027, et l'Assurance maladie vous laisse payer la boîte

Le Spasfon sort du périmètre des affections de longue durée. Une décision discrète, mais qui illustre une tendance de fond : le désengagement progressif de l'Assurance maladie sur les médicaments jugés à "service médical rendu" insuffisant.

MARDI 8 SEPTEMBRE 2026·Par Fabrice Crozier

Une boîte de Spasfon posée sur une ordonnance manuscrite froissée, éclairée en lumière rasante de fin d'après-midi, sur le bois usé d'une table de cuisine.
Illustration générée par notre rédaction.

Trois euros et seize centimes. C'est le prix d'une boîte de Spasfon au comptoir, honoraire du pharmacien inclus. Une somme modeste en apparence — sauf quand on la multiplie par douze mois, qu'on la cumule avec d'autres lignes d'ordonnance, et qu'on réalise que l'Assurance maladie vient de décider de ne presque plus en prendre sa part.

Ce qui change, et quand

Depuis des années, les personnes titulaires d'une affection de longue durée — ALD — bénéficiaient d'une prise en charge à 100 % des médicaments inscrits sur leur ordonnance ALD, y compris le Spasfon (phloroglucinol), prescrit en complément pour des douleurs fonctionnelles. Ce régime d'exonération du ticket modérateur disparaît pour ce médicament au 1er octobre 2025. Le Spasfon sort du périmètre ALD.

Concrètement : le taux de remboursement de droit commun s'applique désormais, soit 15 %. Sur une boîte à 3,16 euros, cela représente environ 47 centimes remboursés. Mais la franchise médicale — un euro par boîte, plafonnée à 50 euros par an — absorbe ce remboursement avant même qu'il soit versé. Résultat net : zéro centime récupéré pour la plupart des assurés.

Une deuxième étape est programmée. Les décrets publiés au Journal officiel le 22 août 2025 prévoient un abaissement du taux de remboursement à environ 5 % au 1er janvier 2027. À ce niveau, le médicament sera pour l'essentiel à la charge du patient — ou de sa mutuelle, si le contrat le prévoit.

Pourquoi ce déremboursement

Le Spasfon n'est pas une victime collatérale d'une réforme budgétaire improvisée. Sa trajectoire était prévisible. La Haute Autorité de Santé avait évalué son service médical rendu — le fameux SMR — comme "insuffisant" pour justifier une prise en charge par la solidarité nationale. Cette conclusion, rendue il y a plusieurs années déjà, n'avait pas immédiatement entraîné de mesure concrète. Les décrets d'août 2025 actent ce que les avis scientifiques annonçaient.

Le phloroglucinol est un antispasmodique. Son efficacité dans les douleurs abdominales fonctionnelles, les dysménorrhées ou les coliques est reconnue dans l'usage courant, mais les études cliniques robustes manquent pour en démontrer un bénéfice supérieur au placebo dans les indications les plus fréquentes. C'est ce fossé entre la prescription habituelle et la preuve scientifique exigée qui a conduit à la réévaluation.

Ce cas n'est pas isolé. Depuis le début des années 2000, plusieurs dizaines de médicaments ont vu leur taux de remboursement réduit ou supprimé selon ce même processus. Le Spasfon rejoint une liste qui comprend notamment certains veinotoniques, des mucolytiques, ou des médicaments de confort largement prescrits mais dont l'efficacité n'a pas résisté à la réévaluation.

Ce que cela signifie pour votre ordonnance

Si vous êtes en ALD et que le Spasfon figurait sur votre ordonnance longue durée, il ne sera plus pris en charge à ce titre dès octobre. Votre médecin peut maintenir la prescription — rien ne l'interdit — mais le médicament basculera en remboursement ordinaire, puis en quasi-non-remboursement en 2027.

Quelques points pratiques méritent attention. D'abord, vérifiez votre contrat de complémentaire santé : certaines mutuelles remboursent les médicaments à SMR insuffisant, d'autres non — les contrats dits "responsables" sont en principe tenus de respecter un plancher de remboursement, mais les modalités varient. Ensuite, si la prescription répond à un besoin réel, discutez avec votre médecin des alternatives éventuelles — non pas pour renoncer au traitement, mais pour savoir si une autre molécule mieux remboursée couvre le même besoin.

Enfin, gardez à l'esprit que 3,16 euros restent 3,16 euros. Ce n'est pas une somme qui met un budget en péril. Mais l'enjeu est de principe autant que de pratique : quand une ALD cesse de couvrir un médicament prescrit dans ce cadre, c'est une rupture dans la logique même du dispositif — celui qui garantissait que les pathologies lourdes n'entraînent pas de reste à charge sur les traitements associés.

La franchise médicale d'un euro par boîte absorbe le remboursement avant même qu'il soit versé. Pour la plupart des assurés, le solde net est nul dès aujourd'hui.

Le mouvement de fond, lui, est clair. L'Assurance maladie resserre son périmètre autour des médicaments dont l'efficacité est démontrée. C'est une logique défendable sur le plan scientifique. Elle demande simplement aux assurés de lire leurs remboursements avec plus d'attention qu'avant — et à leurs mutuelles de clarifier ce qu'elles couvrent vraiment.

Source : Senioractu.com.

Article original : Lire la suite sur senioractu.com

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