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LUNDI 21 SEPTEMBRE 2026141
Senior·Closer
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Finances·Article 3 sur 4

Budget 2027 : le gouvernement veut geler la pension de base des retraités dès 2 034 € par mois, votre complémentaire comprise dans le calcul

Le gouvernement envisage de geler les pensions de base en 2027 — mais le seuil d'entrée dans ce gel se calcule sur l'ensemble de vos revenus de retraite, base et complémentaire confondus. Un détail qui change tout.

LUNDI 21 SEPTEMBRE 2026·Par Fabrice Crozier

Un carnet de comptes ouvert sur une table en bois, un stylo posé en travers, la lumière de fin d'après-midi rasant les colonnes de chiffres manuscrits.
Illustration générée par notre rédaction.

Un avant-projet de budget révélé par Le Monde dessine une mesure qui pourrait toucher plusieurs millions de retraités dès 2027 : le gel de la revalorisation des pensions de base. Mais la mécanique retenue par le gouvernement est plus subtile — et plus piégeuse — qu'un simple plafond sur votre virement Carsat. Ce qui compte, c'est la somme de toutes vos pensions.

Pourquoi votre complémentaire entre dans l'équation

En France, la retraite repose sur deux piliers distincts. Le régime de base — géré par la Carsat pour les salariés du privé, ou par des caisses équivalentes selon votre statut — verse une pension calculée sur vos vingt-cinq meilleures années et votre durée de cotisation. La retraite complémentaire, elle, relève de l'Agirc-Arrco pour les salariés du secteur privé : elle fonctionne par points et arrive sur un compte séparé, souvent à une date différente.

Ces deux flux sont distincts, administrativement et fiscalement. Beaucoup de retraités les suivent séparément. C'est précisément là que le dispositif envisagé crée une confusion : selon l'avant-projet, le gouvernement additionnerait les deux montants pour déterminer si vous entrez dans le périmètre du gel. Le seuil évoqué est de 2 034 euros bruts mensuels. Si votre pension de base est de 1 400 euros et votre complémentaire de 700 euros, vous dépassez ce seuil — même si chacune des deux lignes, prise isolément, semblerait vous en exclure.

Trois paliers, une seule logique

L'architecture du dispositif s'organiserait en trois tranches. En dessous du seuil, la revalorisation annuelle s'appliquerait normalement — indexée, comme aujourd'hui, sur l'inflation mesurée par l'Insee. Au-dessus, la pension de base serait gelée : pas de revalorisation, quelle que soit l'évolution des prix. Entre les deux, une zone intermédiaire permettrait une revalorisation partielle, pour éviter l'effet de seuil brutal.

Ce schéma à paliers n'est pas une nouveauté dans l'histoire des finances publiques françaises. Le gel ou le sous-indexage des pensions a déjà été utilisé comme variable d'ajustement budgétaire — notamment entre 2014 et 2017, sous des formes diverses. Ce qui est nouveau ici, c'est l'intégration explicite de la complémentaire dans le calcul du seuil, alors que seule la pension de base serait effectivement gelée.

La complémentaire, elle, continuerait à être revalorisée selon les règles propres à l'Agirc-Arrco, qui négocie ses taux avec les partenaires sociaux. En 2023 et 2024, ces revalorisations ont été supérieures à l'inflation — une situation que les syndicats de salariés avaient négociée de haute lutte. Rien dans l'avant-projet ne semble remettre en cause cette autonomie. Mais votre complémentaire sert quand même de critère d'éligibilité au gel de votre base.

Ce que cela signifie concrètement

Le seuil de 2 034 euros bruts correspond, en net imposable, à un montant légèrement inférieur après prélèvement à la source. Il faut aussi tenir compte de la CSG, dont le taux varie selon votre revenu fiscal de référence — un paramètre supplémentaire qui peut modifier votre situation réelle.

Pour ceux qui se situent juste au-dessus du seuil, l'effet est potentiellement significatif. Si l'inflation atteint 2 % en 2026 — hypothèse raisonnable au regard des projections actuelles de la Banque de France — un gel de la pension de base représente une perte de pouvoir d'achat équivalente sur cette part de revenu. Sur une pension de base de 1 200 euros, cela représente environ 24 euros par mois, soit près de 290 euros sur l'année. Ce n'est pas anodin pour un budget contraint.

Il convient de rester prudent : cet avant-projet n'a pas encore été présenté en Conseil des ministres, et les arbitrages budgétaires subissent souvent des modifications substantielles avant leur adoption définitive — quand ils ne sont pas abandonnés sous pression parlementaire ou syndicale. La réforme des retraites de 2023 a montré à quel point ces sujets restent politiquement inflammables.

Ce qui est certain, en revanche, c'est la méthode de lecture à adopter dès maintenant : ne regardez pas vos deux pensions séparément. Additionnez-les. C'est ce total que le gouvernement regarderait pour décider si votre revalorisation passe ou non.

Source : Senioractu.

Article original : Lire la suite sur senioractu.com

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