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Un an de gel, deux virements en 2026 : l'Agirc-Arrco peut revaloriser de 17 à 29 € par an pour 1 000 points sur votre retraite complémentaire
La retraite complémentaire Agirc-Arrco entre dans une séquence décisive : gel depuis novembre 2024, négociation d'automne, et une revalorisation annoncée qui pourrait rester imperceptible sur le relevé de compte.
LUNDI 14 SEPTEMBRE 2026·Par Fabrice Crozier
Une hausse peut être réelle et demeurer invisible. C'est le paradoxe que prépare l'automne 2025 pour les quelque treize millions de retraités affiliés à l'Agirc-Arrco : un taux annoncé à grand bruit à la mi-octobre, deux virements en 2026 pour en matérialiser l'effet, et au bout du compte un gain annuel qui tiendrait dans une fourchette de dix-sept à vingt-neuf euros pour mille points détenus. La précédente revalorisation, pourtant trois fois plus forte, n'avait rien changé pour quatre retraités sur dix.
La mécanique du point, rappel utile
L'Agirc-Arrco fonctionne en points. Tout au long de la carrière, les cotisations salariales et patronales achètent des points à un prix d'acquisition. À la liquidation, chaque point vaut une valeur de service — c'est elle qui détermine le montant versé chaque mois. C'est cette valeur de service que les partenaires sociaux négocient chaque automne, en tenant compte de l'inflation constatée, de l'équilibre financier du régime et d'un coefficient de soutenabilité appelé coefficient de pilotage.
Le calendrier est rodé : les discussions s'ouvrent en septembre, la décision tombe à la mi-octobre, l'effet se produit au 1er novembre. Pour 2025, la négociation porte sur une revalorisation dont la fourchette basse tournerait autour de 1,5 % et la fourchette haute autour de 2,5 %, selon les projections circulant avant l'accord. Sur mille points, cela représente entre dix-sept et vingt-neuf euros supplémentaires par an — soit moins d'un café par mois à l'extrémité basse de la fourchette.
Un an de gel : ce qui s'est passé depuis novembre 2024
La valeur du point est restée figée depuis la revalorisation de novembre 2024. Ce gel de fait — aucune indexation intermédiaire n'existe dans le régime — signifie que le pouvoir d'achat réel de la pension complémentaire a reculé au rythme de l'inflation. Sur douze mois, avec une hausse des prix autour de 1,5 à 2 %, l'érosion est modeste en valeur absolue mais réelle.
Ce gel n'est pas une anomalie : c'est le fonctionnement normal du régime. L'Agirc-Arrco ne pratique pas d'indexation automatique. Chaque revalorisation est le résultat d'une négociation entre syndicats de salariés et organisations patronales, dans le cadre d'accords pluriannuels. Le dernier accord en date, signé en 2023, couvre la période jusqu'en 2026 et fixe des règles de pilotage — dont un mécanisme de modération si les réserves financières du régime passent sous certains seuils.
Pourquoi la hausse reste imperceptible pour beaucoup
L'écart entre le taux annoncé et la perception sur le relevé s'explique par plusieurs facteurs qui se cumulent.
D'abord, le nombre de points. Un retraité ayant cotisé toute sa carrière dans le privé peut détenir plusieurs milliers de points — mais la dispersion est très large. Ceux qui ont eu des carrières courtes, des temps partiels prolongés ou des périodes de chômage non cotisantes se retrouvent avec un capital de points modeste. Pour eux, une revalorisation de 2 % sur cinq cents points représente moins de neuf euros annuels.
Ensuite, le calendrier des versements. La revalorisation décidée en octobre prend effet au 1er novembre. Elle se traduit donc sur deux virements seulement en 2025 — novembre et décembre — avant de produire son plein effet mensuel en 2026. Sur l'année 2025, le gain net est mécaniquement divisé par six.
Enfin, les prélèvements sociaux. La CSG, la CRDS et, le cas échéant, la cotisation d'assurance maladie s'appliquent sur la pension brute. Une hausse de vingt euros bruts mensuels ne se traduit pas par vingt euros nets supplémentaires sur le compte bancaire.
Quatre retraités sur dix n'avaient rien senti de la précédente revalorisation, pourtant trois fois plus forte.
Ce que l'automne va trancher
La négociation de mi-octobre ne porte pas seulement sur le taux de revalorisation. Elle acte aussi l'état des réserves du régime — qui restent, selon les dernières publications de l'Agirc-Arrco, à un niveau jugé confortable, autour de neuf mois de prestations. Ce matelas est précisément ce qui permet aux partenaires sociaux de revaloriser sans mettre en péril l'équilibre à moyen terme.
La question sous-jacente est plus structurelle : avec l'allongement de la durée de versement des pensions et le ralentissement de la masse salariale cotisante, les marges de manœuvre se réduiront. Les accords futurs pourraient être plus contraints. L'automne 2025 est peut-être l'un des derniers où la négociation se déroule dans un contexte financier relativement serein.
Pour ceux qui souhaitent estimer leur gain personnel, le relevé de carrière Agirc-Arrco, accessible sur le portail info-retraite.fr, indique le nombre de points acquis. Il suffit de multiplier ce chiffre par la variation de la valeur de service pour obtenir l'impact annuel brut — exercice sobre, mais utile avant de se laisser emporter par les titres d'octobre.
Source : senioractu.com.
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